20 Minutes (Nantes)

PragmHa­tik

L’ar­tiste, qui se dé­fend d’être « un re­pré­sen­tant du rap », re­vient sur son suc­cès ful­gu­rant qui le mène, ce ven­dre­di, aux Vic­toires de la mu­sique.

- Pro­pos re­cueillis par Clio Wei­ckert Entertainment · Music · Nekfeu · Orelsan · Damso · Booba · Diam's · Bazooka

Il y a qua­si­ment un an, Ha­tik cre­vait l’écran dans la sé­rie Va­li­dé, sur Ca­nal+. Mais il au­ra fal­lu at­tendre l’an­née du Co­vid-19 pour que le rap­peur perce au­près du grand pu­blic. A dé­faut d’en­flam­mer les fes­ti­vals, son car­ton, An­ge­la – hom­mage au titre du Saïan Su­pa Crew –, a ré­son­né dans toutes les oreilles l’été der­nier. Son pro­chain al­bum, Vague à

l’âme, de­vrait sor­tir dé­but mars, et, ce ven­dre­di, il pré­ten­dra au titre de ré­vé­la­tion mas­cu­line de l’an­née aux Vic­toires de la mu­sique.

Cette an­née a été in­croyable pour toi, com­ment la ré­su­me­rais-tu : une an­née de ré­vé­la­tion ?

Ou de confir­ma­tion ?

C’est une ré­vé­la­tion, car je pense que le grand pu­blic m’a vrai­ment connu en 2020. Si la vie me le per­met, la confir­ma­tion, ce se­ra en 2021. On ne sait ja­mais à quel point ça va être pre­nant et im­por­tant avant que ça nous tombe des­sus. Je pen­sais que ça al­lait être co­ol, mais pas à ce point. Là, c’est vrai­ment in­croyable.

C’était une an­née très par­ti­cu­lière pour le monde de la mu­sique, sans concerts et avec très peu de pers­pec­tive sur le re­tour du live… Est-ce dif­fi­cile à vivre pour un ar­tiste ?

Je pense que c’est beau­coup plus dur à vivre pour les ré­gis­seurs, les tech­ni­ciens, les em­ployés de salles de spec­tacle. Moi, j’ai fait de la mu­sique, j’ai sor­ti des al­bums, j’ai ven­du des disques… Je ne suis pas en po­si­tion de pou­voir me plaindre. Evi­dem­ment, j’au­rais ai­mé ren­con­trer mon pu­blic sur scène, sur­tout vu les mor­ceaux que j’avais, mais ce n’est que par­tie re­mise.

Il y a quand même eu de bonnes nou­velles : ton an­née a été cou­ron­née par des no­mi­na­tions aux NRJ Mu­sic Awards, puis aux Vic­toires. Com­ment as-tu ré­agi quand tu as ap­pris ta no­mi­na­tion ?

C’est in­croyable! C’est le Saint-Graal. Pour un ar­tiste, tu sais que, quand tu fais les Vic­toires, c’est que tu es re­con­nu na­tio­na­le­ment. Après, il y a eu quelques pe­tites co­quilles, on ne va pas se men­tir. Je pense que Fa­tal Ba­zoo­ka, ce n’était pas le meilleur rap­peur de son époque, mais bon. Dans les faits, ça reste quand même co­ol et je suis au mi­lieu d’ar­tistes hy­per ta­len­tueux, donc, si je gagne, ça vou­dra dire quelque chose. En plus, c’est Jean-Louis Au­bert en ou­ver­ture, je vais me re­trou­ver sur scène avec lui, c’est dé­jà ga­gné ! Ce se­ra dé­jà un su­per mo­ment.

Et es-tu fier de re­pré­sen­ter le rap aux Vic­toires ?

Je ne re­pré­sente pas le rap, hein. Je re­pré­sente ma mère, mon ban­quier, qui tu veux, mais pas le rap! (rires) Je pense que le rap n’a pas be­soin d’un re­pré­sen­tant at­ti­tré pour être fort et être pré­sent dans une cé­ré­mo­nie des Vic­toires de la mu­sique. Il y a tout type de rap, que ce soit moi, ou 47 Ter, Nek­feu, Orel­san, Dam­so, Boo­ba, Se­fyu, Diam’s… Il y a tou­jours eu des re­pré­sen­tants pour le rap, mais ce sont juste des ar­tistes, en fait. Si, de­main, je veux faire de la bos­sa-no­va, ça ne fe­ra pas moins de moi un rap­peur, j’au­rais juste pris une di­rec­tion sur un mor­ceau qui se­ra un peu dif­fé­rente. Ce qui compte, c’est ce que tu vas ra­con­ter dans ta mu­sique, com­ment les gens vont te sou­rire dans la rue. Moi, c’est ça ma ré­com­pense tous les jours.

As-tu l’im­pres­sion que le rap souffre d’une moins mau­vaise image qu’avant, en par­ti­cu­lier dans les mé­dias grand pu­blic ?

J’ai l’im­pres­sion que le rap est très mains­tream, au­jourd’hui. Le seul truc que je peux dire, c’est qu’il est plus dan­sant, et ça peut lui don­ner un cô­té un peu plus gen­til. Et il parle plus d’amour qu’avant, ça c’est co­ol. On ne peut pas nier le fait que cer­tains ar­tistes ont par­ti­ci­pé à po­pu­la­ri­ser ça. Un des mor­ceaux pion­niers, c’est Va­li­dé, de Boo­ba.

La sé­rie Va­li­dé a ren­con­tré un énorme suc­cès. Tu n’y fe­ras pas d’ap­pa­ri­tion ?

A moins que tu ar­rives à me faire vivre avec quelques balles dans la tête, mais ça va être com­pli­qué… La page est tour­née. Le vent va être très fa­vo­rable pour eux en sai­son 2, avec des per­for­mances, que j’ai pu aper­ce­voir et qui sont as­sez bluf­fantes. C’est in­té­res­sant de le voir en tant que spec­ta­teur et non en tant que co­mé­dien.

« J’au­rais ai­mé ren­con­trer mon pu­blic, mais c’est par­tie re­mise. »

«Le rap parle plus d’amour qu’avant, ça, c’est co­ol.»

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A nos lec­teurs. Re­trou­vez votre jour­nal «20 Mi­nutes» lun­di dans les racks. En at­ten­dant, vous pou­vez suivre toute l’ac­tua­li­té sur l’en­semble de nos sup­ports nu­mé­riques.
 ??  ?? Ha­tik, nom­mé dans la ca­té­go­rie ré­vé­la­tion mas­cu­line aux Vic­toires de la mu­sique, re­vient sur cette an­née blanche dans le monde du spec­tacle.
Ha­tik, nom­mé dans la ca­té­go­rie ré­vé­la­tion mas­cu­line aux Vic­toires de la mu­sique, re­vient sur cette an­née blanche dans le monde du spec­tacle.

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