Les vé­lelles échouent sur les plages et pol­luent l’air

Des vé­lelles (et leur forte odeur) se sont échouées en masse sur les ga­lets des plages de Biot, d’An­tibes et de Ville­neuve-Loubet

20 Minutes (Nice) - - La Une - Ma­thilde Fré­nois

A tra­vers les vitres du train, on ne voit pas en­core la mer. Mais on sent que l’ar­ri­vée à la plage est im­mi­nente. Entre Nice et An­tibes, plus l’ar­rêt « Biot » ap­proche et plus l’odeur vous prend aux tripes. Cet ef­fluve, ce n’est pas ce­lui de l’air ma­rin, de l’iode ou des chou­chous. Mais les éma­na­tions que dé­gagent les vé­lelles, ces pe­tits ani­maux échoués en grand nombre sur les plages de la Côte d’Azur de­puis quelques jours. En plus de re­cou­vrir les ga­lets d’un ta­pis bleu-vio­let, elles dé­gagent une forte odeur de pu­tré­fac­tion, res­sen­tie jusque dans les wa­gons du train.

La forme d’une voile

« Elles sont mortes, et cette odeur est celle de leur dé­gra­da­tion, ex­plique Fa­bien Lom­bard, cher­cheur à l’Ob­ser­va­toire océa­no­gra­phique de Ville­franche-sur-mer et maître de confé­rences à Sor­bonne Uni­ver­si­té. Met­tez un gros pa­quet d’ani­maux ma­rins ou un tas de sar­dines échouées sur les ro­chers, vous au­rez exac­te­ment la même odeur. » Avant d’ar­ri­ver sur les plages azu­réennes, la vé­lelle a bour­lin­gué dans la mer Mé­di­ter­ra­née. Ce po­lype flot­tant, ap­par­te­nant à la fa­mille des cni­daires comme les ané­mones, les mé­duses et le co­rail, s’est lais­sé dé­ri­ver grâce à sa forme en voile, longue de près de six cen­ti­mètres. « La moi­tié porte la voile à droite, l’autre à gauche, fait re­mar­quer le cher­cheur. Se­lon les vents et les cou­rants, il y a de forts risques que la moi­tié de la po­pu­la­tion s’échoue sur une plage. » Elles ont donc été por­tées vers la côte azu­réenne, entre Ville­neuve-Loubet et An­tibes. Comme presque chaque an­née, mais avec un peu d’avance ce prin­temps. « On re­trouve la vé­lelle par­tout, dans l’océan Pa­ci­fique, l’In­dien, l’At­lan­tique, la Mé­di­ter­ra­née... Ce n’est ab­so­lu­ment pas une pol­lu­tion. Elles sont na­tu­relles », in­siste en­core Fa­bien Lom­bard. Celles que l’on ap­pelle aus­si barques de la Saint-Jean, en rai­son de leur forme et de leur date ha­bi­tuelle d’ar­ri­vée, dis­pa­raî­tront quand la dé­com­po­si­tion et les vagues au­ront fait leur tra­vail. L’odeur avec. Et elles de­vraient re­ve­nir l’an­née pro­chaine, entre fin mai et dé­but juin, si elles sont à l’heure.

« Elles sont mortes. Cette odeur est celle de leur dé­gra­da­tion. » Fa­bien Lom­bard, cher­cheur

Les vé­lelles sont des po­lypes flot­tants de la même fa­mille que les mé­duses.

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