L’ap­pel au se­cours des juges des en­fants de Seine-Saint-De­nis

20 Minutes (Paris) - - ACTUALITÉ - Vincent Van­ti­ghem

Les quinze juges des en­fants du tri­bu­nal de Bo­bi­gny (Seine-Saint-De­nis) ont si­gné une tri­bune, pu­bliée lun­di par Le Monde et sur le site de France In­ter, afin de dé­non­cer le manque de moyens dont ils dis­posent pour exer­cer leur mé­tier.

Faute de per­son­nel en nombre suf­fi­sant dans le sec­teur as­so­cia­tif char­gé d’ap­pli­quer leurs dé­ci­sions, les ma­gis­trats af­firment qu’il s’écoule « jus­qu’à dix-huit mois » entre l’au­dience au cours de la­quelle une me­sure d’as­sis­tance édu­ca­tive est prise et l’af­fec­ta­tion du sui­vi à un édu­ca­teur. En consé­quence, «900 me­sures, soit 900 fa­milles, sont en at­tente. Nous sommes de­ve­nus les juges des me­sures fic­tives…» Se­cré­taire gé­né­rale de l’Union syn­di­cale des ma­gis­trats, Cé­line Pa­ri­sot as­sure que les mi­neurs « en si­tua­tion d’ex­trême dan­ger » conti­nuent à être pla­cés, «mais ceux qui ont be­soin d’un pla­ce­ment moins urgent se re­trouvent dé­mu­nis. C’est scan­da­leux ! »

Les mi­neurs dé­lin­quants sont eux aus­si concer­nés par les pro­blèmes des juges des en­fants. «Les ju­ge­ments pé­naux sont no­ti­fiés dans des dé­lais (en­vi­ron un an) qui leur ôtent vé­ri­ta­ble­ment tout sens», écrivent en­core les ma­gis­trats. Sans nier la res­pon­sa­bi­li­té de l’Etat, Ni­cole Bel­lou­bet, la mi­nistre de la Jus­tice, a ré­pon­du sur France In­ter que «la mise en oeuvre des dé­ci­sions de na­ture ci­vile ap­part[en­ait] au dé­par­te­ment ».

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