Trop peu de femmes dans la musique

On est bien loin de l’éga­li­té des sexes dans la culture

20 Minutes (Rennes) - - GRAND RENNES - Ca­mille Al­lain

En 2016, 12 % des groupes qui se pro­dui­saient sur les scènes de mu­siques ac­tuelles fran­çaises comp­taient une femme. A la tête de ces struc­tures, on ne trou­vait que quatre femmes, sur les 53 que compte l’Hexa­gone. Ce constat éta­bli par le col­lec­tif HF Bre­tagne illustre les in­éga­li­tés qui sé­vissent dans le monde mu­si­cal. « On pen­sait que le mi­lieu de la culture était pro­gres­siste. On s’est ren­du compte que c’était très in­éga­li­taire. On ne s’y at­ten­dait pas », té­moigne Clé­mence Hu­go. Son as­so­cia­tion HF Bre­tagne a donc dé­ci­dé de prendre la pa­role. Sa­me­di, elle or­ga­nise une table ronde* en marge des Trans Mu­si­cales. L’as­so­cia­tion en­tend pro­fi­ter de la pré­sence de pro­fes­sion­nels du sec­teur pour faire pas­ser son mes­sage. « On est sous re­pré­sen­tées. C’est va­lable sur scène, par­mi les tech­ni­ciens, dans les struc­tures et même dans le public des concerts », in­siste Clé­mence Hu­go.

Son as­so­cia­tion a in­vi­té plu­sieurs femmes à té­moi­gner de leur par­cours. La plus connue d’entre elles est sans doute Eloïse Bou­ton. Cette an­cienne Fe­men a long­temps oeu­vré comme jour­na­liste rock et rap. Pas vrai­ment des mi­lieux ré­pu­tés fé­mi­nins. « On m’a sou­vent re­pro­ché d’être fé­mi­niste et d’ai­mer le hip-hop. Mais c’est un for­ma­tage. Il y a plein de femmes qui font du rap, et dans tous les pays. C’est juste qu’on n’en parle pas », re­grette la fon­da­trice du web­zine Ma­dame Rap. A l’oc­ca­sion de la 40e édi­tion des Trans Mu­si­cales, nous avons in­ter­ro­gé le pro­gram­ma­teur em­blé­ma­tique du fes­ti­val à ce su­jet. « Il y a beau­coup de filles sur la

scène des Trans et de­puis long­temps. Mais je ne fais pas de quo­tas », as­sure Jean-Louis Bros­sard. Mais pour­quoi sont-elles si peu nom­breuses (10 % à fré­quen­ter les stu­dios de ré­pé­ti­tion) ? « Il y a de mul­tiples rai­sons, c’est par­fois même in­cons­cient. En quoi un homme se­rait-il meilleur pour jouer de la bat­te­rie ? Et pour­quoi une femme joue­rait mieux de la harpe ? Bio­lo­gi­que­ment, je ne pense pas que ce soit prou­vé », conclut Clé­mence Hu­go. Le che­min est en­core long.

« Pour­quoi une femme joue­rait mieux de la harpe ? » Clé­mence Hu­go, as­so­cia­tion HF Bre­tagne

* Sa­me­di à 14 h 30, mai­son des As­so­cia­tions. Ré­ser­va­tion conseillée.

Le rap fé­mi­nin is­lan­dais de Reyk­javí­kur­dae­tur avait scot­ché les Trans en 2016.

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