Le binge-wat­ching nuit à la li­bi­do des jeunes

Pour le lan­ce­ment de Sé­ries Ma­nia, « 20 Mi­nutes » a en­quê­té sur le lien in­time des spec­ta­teurs avec les sé­ries

20 Minutes (Strasbourg) - - LA UNE -

Qu’il est loin le temps où l’on re­gar­dait Dal­las as­sis en fa­mille sur son ca­na­pé. 86 % des 18-30 ans du groupe #MoiJeune ont dé­jà re­garde des sé­ries au lit, et 21 % le font « tout le temps », se­lon un sondage Opi­nionWay réa­li­sé pour 20 Mi­nutes*. A l’oc­ca­sion du lan­ce­ment du fes­ti­val Sé­ries Ma­nia à Lille ce ven­dre­di,

20 Mi­nutes a me­né l’en­quête sur le rap­port in­time qu’en­tre­tiennent les jeunes avec les sé­ries té­lé­vi­sées.

V Au lit avec une sé­rie. Seuls 14 % des ré­pon­dants n’ont ja­mais re­gar­dé de sé­ries dans ce havre pri­vé de paix qu’est le plu­mard. Se­lon un autre sondage Opi­nionWay pour

20 Mi­nutes**, 79 % des ré­pon­dants de 18-30 ans du groupe #MoiJeune

aiment re­gar­der des sé­ries seuls. Ils sont 47 % à ap­pré­cier le faire en couple, et seule­ment 14 % en fa­mille. C’est une pra­tique quo­ti­dienne, puis­qu’ils sont 74 % à re­gar­der des sé­ries « tous les jours ou presque ». V Da­van­tage de sé­ries, moins de

sexe. « Ché­ri, on se mate un der­nier épi­sode ? » Les sé­ries, consom­mées souvent au lit, sont ad­dic­tives et il est ten­tant de vi­sion­ner un épi­sode de plus. Consé­quence ? Le binge-wat­ching ne fait pas de bien à la li­bi­do des jeunes : 11 % des per­sonnes in­ter­ro­gées re­con­naissent que leur consommation de sé­ries in­flue sur leur ac­ti­vi­té sexuelle. Mais les sé­ries per­mettent aus­si d’élar­gir les ho­ri­zons. «“Sense8” m’a per­mis de V dé­cou­vrir des en­vies sexuelles que j’igno­rais », re­con­naît un ré­pon­dant. V Les sé­ries, ça change la vie. La ma­jo­ri­té des ré­pon­dants (71 %) re­con­naissent l’in­fluence d’une sé­rie sur leur vie : 38 % des per­sonnes in­ter­ro­gées ad­mettent avoir chan­gé d’opi­nion sur un su­jet V après avoir ma­té un show. « “13 Rea­sons Why” a chan­gé ma per­cep­tion du sui­cide », confie un ré­pon­dant. « Lorsque j’ai re­gar­dé “Dear White People”, j’ai re­vu mon point de vue sur le ra­cisme », re­con­naît un autre. « “Brea­king Bad” m’a ou­vert les yeux sur la vie souvent ca­bos­sée des dro­gués », lance un troi­sième. Pl­sus fort, 13 % des ré­pon­dants ont pris des dé­ci­sions im­por­tantes pour leur vie grâce à une sé­rie. « “This Is Us” m’a don­né l’en­vie d’adop­ter un en­fant », ex­plique un membre du pa­nel #MoiJeune. « De­puis que je suis au ly­cée, j’ai re­gar­dé beau­coup de sé­ries mé­di­cales. Ce­la m’a mo­ti­vé dans mon orien­ta­tion, si bien que je suis main­te­nant en deuxième an­née de mé­de­cine ! » ra­conte un autre. Les sé­ries montrent ici leurs ca­pa­ci­tés pres­crip­trices.

J’peux pas, j’ai sé­rie. Etre sé­rie­phile n’em­pêche pas les jeunes d’as­su­rer, puisque 83% d’entre eux n’ont ja­mais sé­ché les cours ou le bou­lot. Mais être fan de sé­ries a un im­pact éga­le­ment sur la vie so­ciale : plus d’un quart des ré­pon­dants se­raient prêts à an­nu­ler une soi­rée entre amis le soir du fi­nal de «Game of Th­rones», 17% à an­nu­ler un ren­card et même 11% à dé­ca­ler leur dé­part en va­cances. Joue-la comme dans la sé­rie. Grâce à l’in­fluence d’un show, 9 % des ré­pon­dants ont dé­jà chan­gé de look. « Pen­dant un épi­sode de “La Ca­sa de pa­pel”, j’ai pris des ci­seaux et je me suis cou­pé les che­veux comme To­kyo, sur un coup de tête », lance l’un d’eux. Près d’un quart des son­dés

ont même dé­jà adop­té la fa­çon de par­ler d’un per­son­nage. « Je peux me ser­vir de cer­taines ré­pliques qui font mouche», ex­plique l’un d’entre eux. Un autre s’amuse à «par­ler comme les per­son­nages de “Kaa­me­lott”, avec les ex­pres­sions d’an­tan ». V Des en­vies en

sé­rie. Nom­breux sont ceux qui se servent des sé­ries pour amé­lio­rer leurs com­pé­tences lin­guis­tiques. « Les sé­ries an­glo-saxonnes m’ont vrai­ment fait amé­lio­rer mon an­glais », se ré­jouit l’un tan­dis que l’autre se fé­li­cite de « par­ler avec l’ac­cent es­pa­gnol après “La Ca­sa de pa­pel” ». Les meilleurs shows donnent aus­si en­vie de voya­ger là où se dé­roule la sé­rie pour 39 % d’entre eux. « Game of Th­rones » a « ren­for­cé mon en­vie d’aller en Ir­lande », confie l’un d’eux. « “Dex­ter” m’a don­né en­vie de vi­si­ter Mia­mi », re­con­naît un autre. Sexua­li­té, opi­nions, look et va­cances… les sé­ries font la loi dans la vie des jeunes. Anne De­mou­lin *Etude Opi­nionWay pour 20 Mi­nutes réa­li­sée en ligne du 19 au 24 avril 2018 au­près d’un échan­tillon re­pré­sen­ta­tif de 755 per­sonnes âgées de 18 à 30 ans (mé­thode des quo­tas). ** Etude Opi­nionWay pour 20 Mi­nutes réa­li­sée en ligne du 15 au 20 dé­cembre 2017 au­près d’un échan­tillon re­pré­sen­ta­tif de 811 per­sonnes âgées de 18 à 30 ans (mé­thode des quo­tas).

« “Sense8” m’a per­mis de dé­cou­vrir des en­vies sexuelles que j’igno­rais. » « Pen­dant “La Ca­sa de pa­pel”, je me suis cou­pé les che­veux comme To­kyo. »

86 % des son­dés de 18-30 ans de notre pa­nel #MoiJeune ont dé­jà re­gar­dé des sé­ries au lit, et 47 % d’entre eux ap­pré­cient de le faire en couple.

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