Duc de Bou­logne et roi du buzz

Boo­ba se­ra sa­me­di en con­cert à Paris La Dé­fense Are­na, à Nan­terre, quatre jours après son pro­cès pour la ba­garre avec Kaa­ris

20 Minutes (Strasbourg) - - CULTURE - Clio Wei­ckert

Boo­ba à la barre, Boo­ba sort un nou­veau single, Boo­ba… Le « Duc de Bou­logne » est par­tout, sur tous les fronts. Mar­di, il a été condam­né à dix-huit mois de prison avec sur­sis pour une ba­garre à l’aé­ro­port d’Or­ly avec le rap­peur Kaa­ris, le 1er août. Sa­me­di, le rap­peur don­ne­ra un con­cert à Paris La Dé­fense Are­na, à Nan­terre (Hauts-de-Seine), de­vant près de 40000 spec­ta­teurs. Une vie que B2O se plaît à mettre en scène, sur les ré­seaux so­ciaux ou dans sa mu­sique, éle­vant le sto­ry­tel­ling en art.

Boo­ba chro­ni­queur ju­di­ciaire. « Quand je se­rai grand, je vou­drais être Be­nal­la ou moine pé­do­phile. Dix ans pour une ba­garre, c’est avec ou sans le strea­ming? #uneé­po­que­for­mi­dable ». Le 21 août, Boo­ba ba­lan­çait ce tweet la­pi­daire, en di­rect de la

Vzon­zon. Sur le plan ju­di­ciaire, le rap­peur ne s’est pas fait prier pour y al­ler de son com­men­taire. Un pe­tit pen­chant pour la pro­voc, mais aus­si une fa­çon de «no­ter l’hy­po­cri­sie du sys­tème, des peines par­fois mal adap­tées aux dé­lits, tout en sou­li­gnant l’as­pect mé­dia­tique de ce pro­cès », ana­lyse Ka­thryn Klep­pin­ger, en­sei­gnante à l’uni­ver­si­té George-Wa­shing­ton aux Etats-Unis, spé­cia­liste de culture fran­çaise contem­po­raine.

Boo­ba roi du clash. En pa­ral­lèle de ses chro­niques, B2O n’ou­blie pas d’égra­ti­gner ses ad­ver­saires. Mar­di, peu après la dé­ci­sion du tri­bu­nal de Cré­teil, le rap­peur s’en est pris à Kaa­ris, son meilleur en­ne­mi. « J’en connais un qui va man­ger des pâtes pen­dant quelques an­nées », plai­san­tait-il alors sur une sto­ry Ins­ta, en ré­fé­rence à l’amende de 50 000 €

Và la­quelle les deux rap­peurs ont été condam­nés. Un clash qui pour­rait nour­rir de fu­turs titres de Boo­ba. Se­lon Ka­thryn Klep­pin­ger, «pour sai­sir cer­taines chan­sons, il faut com­prendre ce qui lui ar­rive en pé­ri­phé­rie de sa mu­sique. Ses mor­ceaux et ses al­bums se ré­fèrent à des faits pré­cis, d’ailleurs il ne cherche pas à sé­pa­rer sa vie et son art. Il fait ex­près de se pré­sen­ter comme un en­semble d’ac­ti­vi­tés ar­tis­tiques et mé­dia­tiques.»

Boo­ba no 1. Boss du rap game fran­çais, Boo­ba n’en est pas moins un en­tre­pre­neur. Entre un mes­sage de sa « da­ronne » et la vi­déo d’une re­prise d’un de ses titres, le rap­peur

Vn’ou­blie pas de faire la pro­mo pour son whis­ky D.U.C, bou­teille en main. Que ce soit pour de l’au­to­pro­mo, ses dé­boires ju­di­ciaires ou sa mu­sique, le rap­peur est en re­pré­sen­ta­tion per­ma­nente et brouille les fron­tières entre vie pri­vée et vie pu­blique. « La se­maine der­nière, il a no­té que son nou­veau mor­ceau “BB” est no 1 sur iTunes, Apple Mu­sic, Spo­ti­fy et Dee­zer, ob­serve Ka­thryn Klep­pin­ger. On peut dire que ce­ci est une stra­té­gie pour lui don­ner plus de lé­gi­ti­mi­té et de pou­voir cultu­rel, mal­gré ses dif­fi­cul­tés ju­di­ciaires. C’est une fa­çon de dire qu’il est tou­jours au top.» N’en dé­plaise à ses dé­trac­teurs.

##JEV#171-54-https://bit.ly/2yuxeyR##JEV# Le rap­peur sur la scène des Eu­ro­ckéennes de Bel­fort, le 8 juillet 2017.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.