L’ave­nir de l’en­tre­prise, c’est la re­prise

Ac­ti­vi­té Les risques et les avan­tages sont dif­fé­rents entre la créa­tion et la re­prise d’une so­cié­té

20 Minutes (Strasbourg) - - MAGAZINE - Thier­ry We­ber

Boire ou conduire, être ou ne pas être… Au rang des grandes ques­tions de la vie, pour­rait aus­si fi­gu­rer : créer ou ache­ter. Pour qui veut lan­cer sa propre en­tre­prise, c’est une in­ter­ro­ga­tion lé­gi­time, puisque les deux si­tua­tions pré­sentent des avan­tages bien dif­fé­rents. « Les étapes sont un peu les mêmes. Il faut dans les deux cas s’as­su­rer que le pro­jet nous cor­res­pond bien, qu’on a le di­plôme dans le do­maine d’ac­ti­vi­té, qu’on a les com­pé­tences en mar­ke­ting, en com­mu­ni­ca­tion, en ges­tion… On va aus­si de­voir étu­dier le mar­ché, que ce soit une créa­tion ou une re­prise », af­firme Eme­line Pom­pey, conseillère en créa­tion et re­prise d’en­tre­prise au sein du Point C du ca­bi­net In Ex­ten­so. Mais les si­mi­li­tudes s’ar­rêtent là.

Car l’ana­lyse se­ra moins pous­sée dans le cas d’une re­prise. « On connaît un peu mieux le mar­ché, in­dique la conseillère. De même, quand on re­prend une ac­ti­vi­té, il y a dé­jà un chiffre d’af­faires. Mais mieux vaut vé­ri­fier qu’il y a une marge de dé­ve­lop­pe­ment de l’ac­ti­vi­té. » Par ailleurs, « le per­son­nel est en place, a prio­ri, il est for­mé», sou­ligne Eme­line Pom­pey. At­ten­tion de ne pas ou­blier le re­vers de la mé­daille. « Il faut se faire ac­cep­ter. Ce n’est pas tou­jours simple de re­prendre la place de l’an­cien di­ri­geant, d’im­po­ser ses idées, alors que les gens ont leur fa­çon de fonc­tion­ner de­puis quelques an­nées. »

Il y a un désa­van­tage « quand vous ra­che­tez, note Ka­mel Ram­da­ni, de la so­cié­té Qua­li ex­per­tise-comp­table. Vous avez le fonds de com­merce, la clien­tèle et le ma­té­riel, mais vous re­pre­nez aus­si les dettes. Soyez vi­gi­lant sur ce point.» Sur­tout, tout ce­la coûte de l’ar­gent. « Quand vous re­pre­nez une en­tre­prise, avoir du ca­pi­tal est in­dis­pen­sable», in­siste-t-il.

Ac­com­pa­gne­ment né­ces­saire

Il n’y a pas de so­lu­tion par­faite. Re­prendre une en­tre­prise coûte plus cher, mais pour des ré­sul­tats a prio­ri plus im­mé­diats. La créa­tion met­tra plus de temps à dé­col­ler, en re­vanche, elle de­man­de­ra moins d’in­ves­tis­se­ment au dé­part, et of­fri­ra plus de li­ber­té.

Dans les deux cas, il est es­sen­tiel d’être ac­com­pa­gné par des pro­fes­sion­nels : « Les ca­bi­nets d’ex­per­tise comp­table pour le pré­vi­sion­nel, les ca­bi­nets d’avo­cat pour les as­pects ju­ri­diques. La banque est un par­te­naire im­por­tant», sou­ligne Eme­line Pom­pey. Elle évoque la chambre de com­merce et d’in­dus­trie, celle des mé­tiers, et les struc­tures Ini­tia­tive Al­sace et Al­sace ac­tive, qui pro­posent un ac­com­pa­gne­ment. Alors, être ou ne pas être en­tre­pre­neur ?

«En cas de ra­chat, soyez vi­gi­lant sur les dettes. » Ka­mel Ram­da­ni, Qua­li ex­per­tise-comp­table

L’aide de pro­fes­sion­nels est utile pour une re­prise, comme pour une créa­tion.

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