Les ob­jets connec­tés s’in­vitent sous la couette

Les ob­jets connec­tés s’in­vitent de plus en plus dans notre lit et mo­di­fient nos com­por­te­ments

20 Minutes (Strasbourg) - - GRAND STRASBOURG - Laure Beau­don­net

Ro­bots sexuels, ap­plis de ren­contre, sex­toys connec­tés, ho­lo­grammes do­pés à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle… La tech­no­lo­gie s’in­vite de plus en plus dans notre in­ti­mi­té. Alors que Net­flix ti­tille les fans de «Black Mir­ror» en an­non­çant le re­tour de la sé­rie dys­to­pique avant la fin de l’an­née, glis­sons-nous sous la couette pour ob­ser­ver comment les nou­velles tech­no­lo­gies ont trans­for­mé nos rap­ports (sexuels), et com­prendre à quoi notre fu­tur re­la­tion­nel va res­sem­bler. Les écrans sont les pre­miers à s’être in­vi­tés dans notre chambre à cou­cher, pour le meilleur et sur­tout pour le pire. Se­lon une étude me­née en mars aux Etats-Unis par Su­reCall, une en­tre­prise de té­lé­phones por­tables, 10 % des son­dés ont dé­jà re­gar­dé leur té­lé­phone por­table pen­dant l’amour. En France, une étude pu­bliée par Bouygues Te­le­com en fé­vrier mon­trait que près d’un Fran­çais sur deux pré­fère se pas­ser de sexe plu­tôt que de té­lé­phone. «L’om­ni­pré­sence de nos té­lé­phones a af­fec­té notre ca­pa­ci­té à en­trer dans une re­la­tion in­time, ob­serve Pol­ly Ro­dri­guez, co­fon­da­trice de Un­bound, une marque de sex­toys ré­ser­vée aux femmes. Cer­taines études sur les mil­len­nials montrent que cette gé­né­ra­tion fait moins l’amour que les pré­cé­dentes. Elle a été pré­sen­tée comme hy­per­sexua­li­sée à cause d’ap­pli­ca­tions comme Tin­der mais, en réa­li­té, les gens sont ac­cros au “swipe” [le fait de faire glis­ser le bou­ton vers la droite ou la gauche se­lon le pro­fil pré­sen­té]. » Cette gé­né­ra­tion a ain­si per­du l’art de com­mu­ni­quer, trop ha­bi­tuée à se ca­cher der­rière un écran. «Ce qui me pas­sionne avec les nou­velles tech­no­lo­gies, c’est la pos­si­bi­li­té de créer des ex­pé­riences à par­tir des don­nées», pointe de son cô­té Ste­pha­nie Alys, co­fon­da­trice de Mys­te­ryVibe, fa­bri­cant bri­tan­nique de jouets sexuels. Elle ai­me­rait, à terme, ajou­ter des cap­teurs aux sex­toys pour re­pé­rer l’ex­ci­ta­tion et le plai­sir. En ré­col­tant ces don­nées, l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle pour­rait se plier aux goûts de cha­cun, voire re­lan­cer la ma­chine rouillée. « Au­jourd’hui, avant de vous cou­cher, vous écri­vez un der­nier e-mail, vous re­gar­dez peut-être une sé­rie Net­flix, ex­plique la jeune femme char­gée des ques­tions liées au plai­sir. Ima­gi­nez main­te­nant que, lorsque vous en­trez dans votre chambre, la lu­mière se ta­mise, vos en­ceintes lancent une mu­sique qui vous re­laxe et les images dif­fu­sées sur l’écran vous aident à créer un rap­pro­che­ment avec votre par­te­naire. » Tout ce­la, sur me­sure, évi­dem­ment. Les ob­jets connec­tés pour­ront créer des at­mo­sphères sen­suelles et re­lan­cer la li­bi­do du couple lors­qu’elle s’est fait la malle. Si, au­jourd’hui, les écrans semblent nous éloi­gner, de­main, l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle pour­rait trou­ver les moyens de nous rap­pro­cher.

« La gé­né­ra­tion des mil­len­nials fait moins l’amour que les pré­cé­dentes. » Pol­ly Ro­dri­guez, Un­bound

Les ob­jets sexuels pour­ront créer des at­mo­sphères sen­suelles et re­lan­cer la li­bi­do.

Se­lon une étude me­née aux Etats-Unis par Su­reCall, 10 % des son­dés ont dé­jà re­gar­dé leur té­lé­phone por­table pen­dant l’amour.

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