Sur la voie des « gi­lets jaunes »

Le Ras­sem­ble­ment na­tio­nal, qui a lan­cé sa cam­pagne pour les eu­ro­péennes di­manche, veut por­ter la co­lère des ma­ni­fes­tants. Mais le par­ti de Ma­rine Le Pen se dé­fend de toute ré­cu­pé­ra­tion po­li­tique.

20 Minutes (Strasbourg) - - NEWS - Thi­baut Le Gal

Du bleu, du blanc, du rouge, mais pas de jaune. Dans les tra­vées de la mai­son de la Mu­tua­li­té (Pa­ris, 5e), au­cun mi­li­tant du RN n’ar­bore le fa­meux gi­let jaune, de­ve­nu le sym­bole du mou­ve­ment de contes­ta­tion que le par­ti fron­tiste sou­tient pour­tant de­puis ses dé­buts, il y a deux mois. Un jour­na­liste croit sa­voir que le DPS, le ser­vice d’ordre du RN, a de­man­dé à l’en­trée à une di­zaine de sym­pa­thi­sants d’en­le­ver la veste co­lo­rée. Un membre de la sé­cu­ri­té confirme la consigne : «Les “gi­lets jaunes”, c’était hier [sa­me­di]. Au­jourd’hui, c’est le lan­ce­ment des eu­ro­péennes. Vous avez vu des dra­peaux RN dans les ma­nifs? Non, bah, ici, c’est pa­reil. Chaque chose à sa place. On ne veut pas être ac­cu­sé de ré­cu­pé­ra­tion. » L’eu­ro­dé­pu­té Ni­co­las Bay nuance : «Nous sommes là pour ap­por­ter des so­lu­tions à la co­lère qui s’ex­prime contre la po­li­tique d’Em­ma­nuel Ma­cron, à l’échelle na­tio­nale et eu­ro­péenne.» Au­cun re­pré­sen­tant du mou­ve­ment ci­toyen sur la liste eu­ro­péenne donc, mais, à la tri­bune, le jaune est dans toutes les bouches. « Quelle belle le­çon sont en train de don­ner les “gi­lets jaunes”, hé­ros ano­nymes de cette France qui ne veut pas dis­pa­raître et re­lève la tête», lance l’ex-mi­nistre sar­ko­zyste Thier­ry Ma­ria­ni, ré­cent trans­fuge. «Nous al­lons don­ner un nom à la co­lère des “gi­lets jaunes” (…), c’est le vote», abonde l’es­sayiste Her­vé Ju­vin. Ma­rine Le Pen va plus loin, en ci­blant le pré­sident. «Le prin­ci­pal res­pon­sable de la si­tua­tion, c’est lui. Il est in­ca­pable de ra­me­ner l’ordre, mais crée la dis­corde et, peut-être, de­main, le chaos (…). Si Em­ma­nuel Ma­cron n’a pas la sa­gesse de chan­ger de po­li­tique [ou] de se tour­ner à nou­veau vers le peuple par une dis­so­lu­tion (…), alors l’ar­bi­trage dé­mo­cra­tique de­vra ve­nir des eu­ro­péennes.» Sous les ac­cla­ma­tions, la pré­si­dente du RN pour­suit : «Dans le contexte de la saine ré­volte des “gi­lets jaunes” », ces élec­tions se­ront «l’oc­ca­sion de dé­nouer la crise po­li­tique née de l’aveu­gle­ment, de l’in­tran­si­geance, du mépris de classe, de la spo­lia­tion fis­cale et de la dé­con­nexion hu­maine d’un pré­sident, dé­ran­geant dans ses at­ti­tudes, in­quié­tant dans ses com­por­te­ments, in­com­pé­tent dans ses fonc­tions».

Pour par­ler à cette « France des ou­bliés», Ma­rine Le Pen a pré­vu «une cam­pagne de proxi­mi­té », avec des mee­tings de taille mo­deste. Elle sait que son par­ti pro­gresse dans les son­dages de­puis le dé­but du mou­ve­ment, lar­ge­ment sou­te­nu par ses mi­li­tants. Ma­rie confirme : « Ça ne se voit pas, mais, dans la salle, on est beau­coup à être des “gi­lets jaunes”.» Elle montre le sien : « Je l’ai tou­jours sur moi, ça peut ser­vir.»

« On ne veut pas être ac­cu­sé de ré­cu­pé­ra­tion po­li­tique. »

Un membre de la sé­cu­ri­té

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Ma­rine Le Pen lan­çait sa cam­pagne des eu­ro­péennes, di­manche, à Pa­ris.

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