La dis­cri­mi­na­tion à l’em­bauche touche aus­si les gros

20 % des obèses se sentent dis­cri­mi­nés à l’em­bauche

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - Del­phine Ban­caud

Une souf­france qui s’ex­prime en­fin. D’après le ba­ro­mètre* du Dé­fen­seur des droits et l’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale du tra­vail sur la per­cep­tion des dis­cri­mi­na­tions dans l’em­ploi ré­vé­lé lun­di, 20 % des de­man­deurs d’em­ploi obèses et 5 % de ceux en sur­poids disent avoir été dis­cri­mi­nés à l’em­bauche en rai­son de leur ap­pa­rence phy­sique. « Et le contexte de crise et de concur­rence exa­cer­bée entre les de­man­deurs d’em­ploi ne fait qu’ag­gra­ver le phé­no­mène », es­time Jacques Tou­bon, le Dé­fen­seur des droits. Cette ex­clu­sion touche plus for­te­ment les femmes : 34 % des femmes obèses et 11 % de celles en sur­poids es­timent avoir été dis­cri­mi­nées, contre 25 % des hommes obèses et 6 % de ceux en sur­poids. « C’est la preuve que la pres­sion so­ciale concer­nant l’ap­pa­rence phy­sique est plus forte sur les femmes », sou­ligne le so­cio­logue Thi­baut de Saint Pol. « Ceux qui ont du mal à trou­ver un em­ploi vont vou­loir perdre du poids très ra­pi­de­ment, avec le risque de mettre leur san­té en dan­ger, constate Syl­vie Ben­ke­moun, vice-pré­si­dente du Groupe de ré­flexion sur l’obé­si­té et le sur­poids (Gros). D’autres vont re­non­cer à cher­cher un em­ploi et se pré­ca­ri­ser, en ne sur­vi­vant qu’avec des aides so­ciales. Cer­tains ac­ceptent des postes sous-qua­li­fiés par rap­port à leur ni­veau de di­plôme. » Pour­tant, les dis­cri­mi­na­tions sur l’ap­pa­rence phy­sique sont illé­gales de­puis 2001 et pu­nies de 45 000 € d’amende et trois ans de pri­son. Conscient du pro­blème, le mi­nistre de l’Eco­no­mie, Em­ma­nuel Ma­cron, a an­non­cé le 5 fé­vrier le lan­ce­ment d’une cam­pagne de tes­ting afin d’iden­ti­fier les éven­tuelles dis­cri­mi­na­tions dans les en­tre­prises. * Etude réa­li­sée sur un échan­tillon de 998 de­man­deurs d’em­ploi âgés de 18 à 65 ans, re­pré­sen­ta­tifs de la po­pu­la­tion des chô­meurs.

« La pres­sion so­ciale est plus forte sur les femmes. »

Thi­baut de Saint Pol, so­cio­logue

La dis­cri­mi­na­tion au­rait gé­né­ra­le­ment lieu lors de l’en­tre­tien d’em­bauche.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.