La CGT et la di­rec­tion s’op­posent sur le plan de 2000 sup­pres­sions de postes

«Dé­parts vo­lon­taires» ou «sup­pres­sions de postes»... la di­rec­tion et la CGT s’op­posent

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - Hé­lène Ser­gent

Deux ans après avoir frô­lé la faillite, le construc­teur au­to­mo­bile PSA Peu­geot-Ci­troën a dé­ga­gé en 2015 un bé­né­fice net de 1,2 mil­liard d’eu­ros, une pre­mière en cinq ans. Lun­di, pour­tant, la confu­sion ré­gnait à la sor­tie du co­mi­té cen­tral d’en­tre­prise réunis­sant di­rec­tion et syn­di­cats. La pu­bli­ca­tion sur la chaîne France In­fo de do­cu­ments in­ternes fai­sant état de la sup­pres­sion de 2 133 postes en 2017 a par­ti­cu­liè­re­ment échau­dé la CGT, seul syn­di­cat à ne pas avoir si­gné l’ac­cord so­cial trien­nal conclu en juillet avec les or­ga­ni­sa­tions ma­jo­ri­taires. Dans le dé­tail, le groupe en­vi­sa­ge­rait 983 dé­parts en pré­re­traite (congés se­niors) et au moins 1 025 dé­parts vo­lon­taires « qui sont de moins en moins vo­lon­taires, re­lève JeanPierre Mercier, dé­lé­gué syn­di­cal cen­tral CGT. Ce­la si­gni­fie plus de tra­vail pour ceux qui res­tent, plus de pres­sions. Pour nous, c’est un plan in­ac­cep­table et in­jus­ti­fié. »

Pas de li­cen­cie­ments secs

Une ana­lyse que ne par­tagent pas les autres cen­trales syn­di­cales. « Les dé­parts vo­lon­taires sont sé­cu­ri­sés en ex­terne, ce­la si­gni­fie qu’un sa­la­rié peut trou­ver un autre em­ployeur, mais re­ve­nir chez PSA au bout de deux ans si ça ne lui convient pas, pré­cise Ch­ris­tine Vi­ras­sa­my, dé­lé­guée CFDT. Nous n’avons pas à su­bir des li­cen­cie­ments secs dou­lou­reux et moins pro­fi­tables d’un point de vue fi­nan­cier. » Des me­sures dé­sor­mais connues des sa­la­riés, puisque l’en­tre­prise a eu re­cours à des plans si­mi­laires ces quatre der­nières an­nées : « On est dans une conti­nui­té, il n’y a rien de nou­veau », ajoute Ch­ris­tian La­faye de Force Ou­vrière. La di­rec­tion, de son cô­té, a fer­me­ment re­fu­sé d’évo­quer des « sup­pres­sions de postes ». Pour Ber­trand Ra­ko­to, consul­tant au­to­mo­bile, la si­tua­tion de PSA est « contra­dic­toire » : « L’en­tre­prise est plu­tôt en bonne san­té au re­gard de ses comptes, mais elle dis­pose d’une faible ca­pa­ci­té d’in­ves­tis­se­ment. Quant au plan de dé­parts vo­lon­taires, ce­la fait bien­tôt quatre ans que l’en­tre­prise y a re­cours et on voit bien que ce n’est pas la pa­na­cée. En gé­né­ral, les gens qui dé­cident de par­tir sont ceux qui savent qu’ils pour­ront trou­ver quelque chose ailleurs. » En at­ten­dant, un nou­veau co­mi­té cen­tral d’en­tre­prise de­vrait se te­nir en no­vembre.

La di­rec­tion de PSA a dé­taillé lun­di face aux syn­di­cats un plan pré­voyant un peu plus de 2 000 dé­parts en 2017.

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