Et si la force de l’es­prit de Fran­çois Mit­ter­rand frap­pait les can­di­dats à la pré­si­den­tielle...

PO­LI­TIQUE

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - Anne-Laë­ti­tia Bé­raud

Ce mer­cre­di, Fran­çois Mit­ter­rand au­rait eu 100 ans. Pre­mier pré­sident de gauche de la Ve Ré­pu­blique, ce­lui qui a as­su­ré deux sep­ten­nats à l’Ely­sée (1981-1995) au­rait beau­coup à dire à tous les pré­ten­dants à la pré­si­den­tielle 2017. 20 Mi­nutes rap­porte les con­seils d’outre-tombe de Ton­ton à ceux qui briguent la ma­gis­tra­ture su­prême…

A Alain Jup­pé : « Vous les ar­tistes. » A Alain Jup­pé, pas vrai­ment rock’n’roll, Fran­çois Mit­ter­rand pour­rait sug­gé­rer d’ama­douer les ar­tistes. Ce­lui qui était loin d’être le plus fun des po­li­tiques de la Ve Ré­pu­blique a ac­quis, du­rant les pré­si­den­tielles vic­to­rieuses de 1981 et 1988, les sou­tiens de Re­naud à Gé­rard De­par­dieu en pas­sant par Lio. Le pou­voir des ve­dettes…

Fran­çois Mit­ter­rand a été pour­sui­vi en jus­tice après le vrai-faux at­ten­tat de l’Ob­ser­va­toire.

A Ma­rine Le Pen : « Le si­lence est d’or. » Se­cret et tai­seux, prince flo­ren­tin, Fran­çois Mit­ter­rand pous­se­rait la pré­si­dente du Front na­tio­nal à res­ter sur la ré­serve. C’est d’ailleurs une stra­té­gie sui­vie par la fron­tiste qui at­tend la fin des pri­maires à droite et à gauche avant de se je­ter à nou­veau dans le grand bain mé­dia­tique.…

A Ni­co­las Sar­ko­zy : « Zen avec la jus­tice. » Fran­çois Mit­ter­rand pour­rait lé­gi­ti­me­ment dire à Ni­co­las Sar­ko­zy, mis en exa­men dans l’af­faire Byg­ma­lion, de res­ter zen avec la jus­tice. Il est vrai qu’après le vrai-faux at­ten­tat de l’Ob­ser­va­toire en 1959, Fran­çois Mit­ter­rand est pour­sui­vi par la jus­tice et voit son im­mu­ni­té par­le­men­taire le­vée. Une loi d’am­nis­tie clôt les pour­suites en 1966. Et cinq ans plus tard, il prend la tête du nou­veau Par­ti so­cia­liste…

A Fran­çois Hol­lande : « L’union fait la force. » Si un Fran­çois conseillai­t l’autre, l’en­fant de Jar­nac pour­rait in­ci­ter l’ac­tuel pré­sident à réunir sa fa­mille po­li­tique. Après le congrès de fon­da­tion du PS à Epi­nay (1971), puis l’éli­mi­na­tion de son prin­ci­pal concur­rent Mi­chel Ro­card, Fran­çois Mit­ter­rand réus­sit à être le chef du PS, al­lié des com­mu­nistes et de cer­tains ra­di­caux. Le PS en­té­rine la can­di­da­ture pré­si­den­tielle de Fran­çois Mit­ter­rand le 24 jan­vier 1981 au congrès de Cré­teil avec 83,64 % des suf­frages. Un score sta­li­nien à faire pâ­lir d’en­vie Fran­çois Hol­lande, alors que la fa­mille so­cia­liste est dé­chi­rée comme ra­re­ment elle l’a été.

A Jean-Luc Mé­len­chon : « Ré­siste, prouve que tu existes. » A l’an­cien so­cia­liste Jean-Luc Mé­len­chon, can­di­dat du Front de gauche à la pré­si­den­tielle 2012, Fran­çois Mit­ter­rand pour­rait lui dire de per­sé­vé­rer. Ce der­nier a ef­fec­ti­ve­ment été à deux re­prises can­di­dat à l’Ely­sée, en 1965 et en 1974 , avant de ga­gner en 1981 puis en 1988. Et il a si­gné un pro­gramme com­mun avec les com­mu­nistes avant de les écra­bouiller po­li­ti­que­ment.

Ce mer­cre­di 26 oc­tobre, Fran­çois Mit­ter­rand au­rait eu 100 ans.

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