Des ex­perts ana­lysent le réa­lisme des sé­ries té­lé

Plau­sibles ces sé­ries TV ? Sa­me­di, des scien­ti­fiques ré­pondent à la ques­tion

20 Minutes (Toulouse) - - GRAND TOULOUSE - Hé­lène Mé­nal

Faut-il s’in­quié­ter de co­ha­bi­ter un jour avec des ro­bots hu­ma­noïdes doués de sen­ti­ments (ou res­sen­ti­ments) comme dans « West­world » ou « Real Hu­mans » ? Et l’Amé­rique de Trump peut-elle un jour dé­ri­ver dans une dic­ta­ture pu­ri­taine et sexiste fa­çon « La Ser­vante écar­late » ? Bref, est-ce que les sé­ries té­lé en font des louches ou bien est-ce qu’elles dé­crivent par­fois un fu­tur pos­sible ? De vrais scien­ti-

« Pour un pro­fil ADN, même urgent, il faut comp­ter 24 h. » Phi­lippe Rou­ger, ex-chef de la po­lice scien­ti­fique

fiques vont ré­pondre à cette ques­tion, sa­me­di à Tou­louse lors d’une soi­rée (lire l’en­ca­dré). Pa­trick Rou­ger, l’an­cien di­rec­teur de la po­lice tech­nique et scien­ti­fique du SRPJ de Tou­louse, fe­ra par­tie de ces dé­co­deurs. Evi­dem­ment, il dis­sé­que­ra les sé­ries po­li­cières. Et, sans tout spoi­ler, il ne va pas ac­ca­bler l’équipe du pion­nier Gris­som. « Au ni­veau des tech­niques uti­li­sées, il n’y a pas de grandes dif­fé­rences, la sé­rie est plu­tôt réa­liste », concède-t-il. En re­vanche, sur les dé­lais, l’ex-po­li­cier tique. « Pour un pro­fil ADN, même urgent, il faut comp­ter au mieux 24 h », et pas 30 se­condes, « pour les em­preintes pa­pil­laires, on y ar­rive en 1 h 30, du pré­lè­ve­ment à l’iden­ti­fi­ca­tion si l’in­di­vi­du est fi­ché. » En plus d’être trop ra­pides, « Les Ex­perts » sont aus­si pour lui trop « mul­ti­carte ». « La po­lice tech­nique et scien­ti­fique n’a pas d’arme, même s’il nous ar­rive de por­ter des gi­lets pare-balles pen­dant les pré­lè­ve­ments sur le ter­rain », ex­plique ce spé­cia­liste. Elle n’in­ter­roge pas les té­moins non plus.

D’autres Shawn Mur­phy ?

Autre sé­rie phé­no­mène dé­cryp­tée, autre ex­pert. De­puis la pre­mière

dif­fu­sion de « The Good Doc­tor », Mé­li­na Dell’Ar­mi, doc­teure en psy­cho­pa­tho­lo­gie spé­cia­li­sée dans l’au­tisme, n’en­tend par­ler que de Shawn Mur­phy. Et elle s’en ré­jouit.

« Il était temps qu’on sorte des re­pré­sen­ta­tions à la “Rain Man”, car il y a au­tant de formes d’au­tisme que de per­sonnes concer­nées, dit-elle. Cer­tains pré­sentent des com­pé­tences in­tel­lec­tuelles éle­vées, d’autres non. » Pour elle, le cô­té mé­moire vi­suelle hy­per­dé­ve­lop­pée de Shawn Mur­phy, son « syn­drome sa­vant », fait par­tie des as­pects vrai­sem­blables de la sé­rie. « Il y a énor­mé­ment d’adultes qui ignorent qu’ils pré­sentent un au­tisme. Ils ont un mo­dèle de fonc­tion­ne­ment dif­fé­rent, mais ce­la ne les em­pêche de faire car­rière chez Airbus ou ailleurs... »

La po­lice scien­ti­fique n’agit pas tou­jours comme Gris­som et ses col­lègues.

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