Le contrat de confiance

Ar­ri­vé cet été à Pa­ris, Tu­chel va être pro­lon­gé après avoir sé­duit tout le monde

20 Minutes (Toulouse) - - SPORTS - Ni­co­las Ca­mus

Le tour de force est im­pres­sion­nant. Trois se­maines après l’éli­mi­na­tion en Ligue des cham­pions contre Man­ches­ter Uni­ted, Tho­mas Tu­chel va voir son contrat être pro­lon­gé d’une sai­son (jus­qu’en 2021) à la tête du PSG. L’an­nonce n’a sur­pris per­sonne. Car l’Al­le­mand a su sé­duire son monde, en même pas une sai­son. Alors, com­ment s’y est-il pris ? La réus­site de Tu­chel est d’abord celle de sa prise de fonc­tion. « Il a confiance en la vi­sion qu’il dé­ve­loppe de­puis le dé­but de sa car­rière d’en­traî­neur, ex­plique Mar­kus Kauf­mann, au­teur du livre Tho­mas Tu­chel, Faire gran­dir Pa­ris (éd. Ma­ra­bout). Dès qu’il s’ex­prime, c’est pour par­ler de foot, de jeu, des joueurs et des dif­fé­rentes op­tions qu’ils peuvent lui of­frir. » Le tech­ni­cien aime par­ler ou­ver­te­ment. A Mayence, où il a com­men­cé au haut ni­veau (2009-2014), il in­vi­tait les jour­na­listes dans son bu­reau tous les mar­dis pour par­ler foot, ex­pli­quer ses mé­thodes et ré­pondre à toutes les ques­tions. Là où la ma­jo­ri­té des en­traî­neurs en France es­quivent le dé­bat, parce qu’« on n’a pas le temps », lui y va en cou­rant. Autre exemple : en no­vembre, alors qu’il avait com­men­cé à jouer par­fois à trois dé­fen­seurs cen­traux, et avait ins­tal­lé Mar­quin­hos dans un nou­veau rôle un peu hy­bride, il n’avait pas hé­si­té à lâ­cher les te­nants et les abou­tis­sants de son pro­jet.

Tout ce­la a contri­bué à lui fa­çon­ner une bonne image. On n’au­rait pas ima­gi­né écrire ça lorsque, en mai 2018, au mo­ment de sa no­mi­na­tion, on se pen­chait sur la per­son­na­li­té de l’Al­le­mand. Un an­cien joueur nous l’avait dé­peint comme « un dic­ta­teur ». D’autres avaient car­ré­ment re­fu­sé d’en par­ler. Dix mois plus tard, le coach per­fec­tion­niste jus­qu’à l’in­toxi­ca­tion et in­gé­rable semble loin. « Là où il m’a le plus im­pres­sion­né, c’est la ra­pi­di­té avec la­quelle il a réus­si à de­ve­nir proche de Ney­mar et d’Alves, re­prend Mar­kus Kauf­mann. Ça, c’est très fort. Il a aus­si réus­si à ga­gner la confiance de Buf­fon, tout en étant éga­le­ment convain­cant avec Dia­by ou Kim­pembe. »

Cet as­sen­ti­ment trans­pire dans les pa­roles des joueurs. On a en­core en tête leurs mots à Old Traf­ford après le 8e de fi­nale al­ler de la Ligue des cham­pions. Ils avaient tous sou­li­gné l’énorme bou­lot de Tu­chel et de son staff dans la pré­pa­ra­tion du match. C’est sû­re­ment ce qui a per­mis à l’Al­le­mand de sur­vivre au crash du match re­tour. « C’est un coach jeune, en train de gran­dir à l’échelle du foot eu­ro­péen, as­sure notre in­ter­lo­cu­teur. Comme Pa­ris, en fait. C’est in­té­res­sant pour ce club d’être ali­gné au ni­veau am­bi­tions avec son coach, qui est la fi­gure qui le re­pré­sente le plus à l’ex­té­rieur. » L’es­poir qu’ils gran­dissent en­semble semble ré­ci­proque, pour le mo­ment.

« C’est un coach jeune, en train de gran­dir à l’échelle du foot eu­ro­péen. »

Mar­kus Kauf­mann, au­teur

Mal­gré la dés­illu­sion en Ligue des cham­pions, Tho­mas Tu­chel va être pro­lon­gé.

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