Le vrac met le pa­quet

Le sec­teur de la vente sans em­bal­lage étend sa gamme, avec des pro­duits li­quides comme la bière ou l’huile d’olive.

20 Minutes (Toulouse) - - NEWS - Fa­brice Pou­li­quen

Il se­ra bien­tôt pos­sible de conju­guer son amour de la pe­tite mousse avec une dé­marche zé­ro dé­chet. La start-up lil­loise Jean Bou­teille pré­pare l’ar­ri­vée, dé­but mai, dans les ma­ga­sins spé­cia­li­sés en vrac, des pre­mières fon­taines à bière, les Ou­blong. Et ce ne fut pas simple d’un point de vue tech­nique, car « un li­quide ga­zeux et qui mousse, c’est com­pli­qué à dis­tri­buer en fon­taine », sou­ligne Ma­non Car­pen­tier, de Jean Bou­teille. Cette avan­cée est de bon au­gure pour le sec­teur de la vente de pro­duits en vrac, où il faut dis­tin­guer le vrac frais (les pro­duits à la dé­coupe, comme le fro­mage, la char­cu­te­rie, les fruits et lé­gumes…), du vrac hors frais, qui concerne les pro­duits secs. « C’est ce deuxième mar­ché qui est en plein es­sor au­jourd’hui en France», pré­cise Cé­lia Ren­nes­son, di­rec­trice de l’as­so­cia­tion Ré­seau Vrac. Si, au­jourd’hui, « 20 % des grandes sur­faces ont au­jourd’hui un rayon en vrac, un pour­cen­tage qui grimpe à 80 % pour les ma­ga­sins bio», éva­lue Cé­lia Ren­nes­son, les marges de pro­gres­sion res­tent im­por­tantes. Seu­le­ment 0,5 % des Fran­çais consomme de ma­nière ré­gu­lière en vrac. L’un des freins iden­ti­fiés est une offre en­core li­mi­tée en ré­fé­rences. Il pour­rait donc être le­vé par le dé­ve­lop­pe­ment des fon­taines dis­tri­buant des li­quides.

Du­rée de consom­ma­tion

Par­mi eux, dé­jà, il y a « les jus de fruits, le vin, la les­sive, etc. », liste Lau­ra Châ­tel, char­gée de cam­pagne à Ze­ro Waste France. En­core faut-il qu’aux dé­fis tech­niques ne s’ajoutent pas des pro­blèmes ju­ri­diques. L’huile d’olive est un exemple. «Sans qu’on le com­prenne très bien, un rè­gle­ment eu­ro­péen in­ter­dit tou­jours la dis­tri­bu­tion à la fon­taine de l’huile d’olive, alors qu’on peut le faire pour toutes les autres huiles, re­lève Cé­lia Ren­nes­son. Un agré­ment fran­çais per­met bien de contour­ner le pro­blème, mais il im­plique que le com­mer­çant change de sta­tut pour de­ve­nir « condi­tion­neur » d’huile d’olive et plus seu­le­ment dis­tri­bu­teur. Par ailleurs, le client ne peut pas se ser­vir tout seul. Des dif­fi­cul­tés pèsent sur d’autres pro­duits, comme ceux qui bé­né­fi­cient d’un signe of­fi­ciel d’iden­ti­fi­ca­tion de la qua­li­té et de l’ori­gine (La­bel Rouge, Agri­cul­ture bio­lo­gique, AOP…). « Les ca­hiers des charges de plu­sieurs d’entre eux ne pré­voient pas la vente en vrac et sont com­pli­qués à mo­di­fier », re­grette Cé­lia Ren­nes­son. C’est donc l’un des axes de tra­vail de Ré­seau Vrac, qui se penche aus­si sur les li­quides pâ­teux (com­potes, pâtes à tar­ti­ner, yaourts, cos­mé­tiques…). De nou­veau ici, le dé­fi est tech­no­lo­gique. « Il faut par­ve­nir à ce que le li­quide ne sèche pas dans le conte­nant », note Ma­non Car­pen­tier. Il faut aus­si veiller aux du­rées de conser­va­tion et aux li­mites de pé­remp­tion. Pour les yaourts, par exemple, la consigne est une so­lu­tion plus ap­pro­priée que le vrac.

##JEV#171-54-https://bit.ly/2HZRa3Q##JEV# Après le vin, ce se­ra bien­tôt la bière que l’on pour­ra se pro­cu­rer en vrac.

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