L’exa­men de confiance

A l’heure de la ren­trée, le mi­nistre de l’edu­ca­tion na­tio­nale, Jean-mi­chel Blanquer, met en oeuvre ses me­sures dans une at­mo­sphère ten­due.

20 Minutes (Toulouse) - - GRAND TOULOUSE - Delphine Ban­caud

Le calme avant la tem­pête? Mardi, lors de sa confé­rence de presse de ren­trée, le mi­nistre de l’edu­ca­tion na­tio­nale, Jean-mi­chel Blanquer, a sou­li­gné son «be­soin de tra­vailler plus en pro­fon­deur avec les partenaire­s so­ciaux ». Une ma­nière de cal­mer le jeu après ces der­niers mois, où il a dû af­fron­ter l’ire des syn­di­cats à pro­pos de sa loi pour l’école de la confiance et une grève inédite des cor­rec­teurs du bac, en juin, pour pro­tes­ter contre la ré­forme du ly­cée. « On est as­sis sur une pou­drière. Il ne suf­fi­ra pas d’un peu de pom­made de la part du mi­nistre pour évi­ter l’ex­plo­sion», a pré­ve­nu jeu­di Fré­dé­rique Ro­let, se­cré­taire na­tio­nale du SNESFSU, pre­mier syn­di­cat du se­con­daire. Ré­forme oblige, les sé­ries S, ES et L ont été sup­pri­mées et rem­pla­cées par des en­sei­gne­ments de spé­cia­li­té, que les élèves de 2nde ont choi­sis dans la pers­pec­tive de la 1re. Or, « d’après une en­quête me­née en juillet au­près d’une cen­taine de ly­cées, dans la moi­tié d’entre eux, des élèves ont été contraints de chan­ger leurs voeux quand trop peu d’élèves de­man­daient une spé­cia­li­té ou quand les ca­pa­ci­tés d’ac­cueil étaient dé­jà at­teintes », in­dique Claire Krep­per, se­cré­taire na­tio­nale du syn­di­cat Se-un­sa. «Les élèves se sont aus­si vu op­po­ser des re­fus d’op­tions », constate So­phie Vé­né­ti­tay, se­cré­taire gé­né­rale ad­jointe du SNES-FSU. Ce qui pour­rait en­traî­ner des ten­sions entre les pa­rents d’élèves et les équipes pé­da­go­giques.

Ho­raires, profs prin­ci­paux...

Les em­plois du temps des profs et des élèves risquent aus­si de consti­tuer un point de cris­pa­tion. « Il a fal­lu ca­ser les en­sei­gne­ments de tronc com­mun, les en­sei­gne­ments de spé­cia­li­té et les op­tions, rap­porte Phi­lippe Vincent, se­cré­taire gé­né­ral du SNPDEN, syn­di­cat des prin­ci­paux et pro­vi­seurs. Sa­chant que cer­tains ly­cées ont mé­lan­gé, dans une même classe, des élèves ayant choi­si des spé­cia­li­tés dif­fé­rentes, afin d’évi­ter de re­pro­duire les fi­lières qui exis­taient pré­cé­dem­ment.» Cer­tains «risquent d’avoir des am­pli­tudes ho­raires très larges avec des trous dans la jour­née », ren­ché­rit So­phie Vé­né­ti­tay.

Les pro­vi­seurs pour­raient avoir un autre casse-tête à gé­rer : trou­ver suf­fi­sam­ment de pro­fes­seurs prin­ci­paux. D’au­tant que leur rôle a été ren­for­cé avec la ré­forme du ly­cée, deux profs prin­ci­paux étant dé­si­gnés en ter­mi­nale pour ai­der les élèves à s’orien­ter. Le ren­for­ce­ment du contrôle conti­nu pour ob­te­nir le bac ne semble pas, non plus, pas­ser comme une lettre à la poste. «Il y au­ra une pres­sion liée à l’éva­lua­tion des élèves toute l’an­née. Comment vont-ils ré­agir à ça?», in­ter­roge Va­lé­rie Si­pa­hi­ma­la­ni, se­cré­taire gé­né­rale ad­jointe du SNES-FSU.

Face à ce risque de ten­sions, Jeanmi­chel Blanquer a an­non­cé qu’un co­mi­té de sui­vi se­rait mis en place. Les syn­di­cats, eux, es­pèrent que ce der­nier per­dure jus­qu’à 2022, pour me­su­rer concrè­te­ment l’impact de la ré­forme.

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Jean-mi­chel Blanquer, en mars, lors de la vi­site d’un ly­cée à Lyon.

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