En­core la même triste sé­ré­nade

En quête d’un 24e titre du Grand Che­lem, Se­re­na Williams a une nou­velle fois échoué, sa­me­di, en fi­nale de L’US Open

20 Minutes (Toulouse) - - SPORTS - Ber­trand Vol­pil­hac

Sur le po­dium, pas de larmes ni d’amer­tume. Se­re­na Williams a of­fert au pu­blic new-yor­kais le sou­rire po­li de la vain­cue belle joueuse, dont on a du mal à sa­voir ce qu’il si­gni­fie vrai­ment. « Je suis d’abord une mère à plein temps, ex­pli­quait-elle avant cette fi­nale de L’US Open, per­due face à la jeune Bianca Andreescu (6-3, 7-5). C’est ce qui est le plus im­por­tant pour moi. Alors, oui, je m’en­traîne et en­suite je fonce à la mai­son.» En face d’elle, la Ca­na­dienne de 19 ans, qui fê­tait son pre­mier suc­cès ma­jeur, ne sa­vait pas où se mettre. «Je suis dé­so­lé, je sais que vous au­riez tous rê­vé que Se­re­na l’em­porte au­jourd’hui…» L’his­toire au­rait été belle. Après trois échecs d’af­fi­lée en fi­nale de Grand Che­lem, Se­re­na Williams au­rait pu rem­por­ter dans son jar­din son 24e Grand Che­lem, le pre­mier de­puis la nais­sance de sa fille il y a bien­tôt deux ans, ce­lui qui lui au­rait per­mis d’éga­ler Mar­ga­ret Court comme ath­lète la plus sa­crée de l’his­toire du tennis. Mais tout ça va at­tendre en­core un peu. «Je ne chasse pas for­cé­ment les re­cords, nuan­çait-elle après sa dé­faite. J’es­saie de rem­por­ter des titres du Grand Che­lem. Je suis si près, si près, si près, et en même temps si loin ! Alors, c’est frus­trant. Mais, fi­na­le­ment, je suis tou­jours là et je conti­nue à faire de mon mieux. » A 38 ans et après avoir don­né nais­sance à un en­fant, l’ex­ploit est dé­jà in­sen­sé et mé­rite d’être re­con­nu. C’est aus­si pour ça que le monde en­tier pous­sait der­rière elle, sa­me­di soir. Alors, le poids de l’his­toire était-il un peu trop lourd pour Se­re­na Williams? Pas im­pos­sible. Deux doubles fautes sur son pre­mier jeu de ser­vice, une autre pour of­frir le pre­mier set à son ad­ver­saire, des loupés in­ha­bi­tuels…

« Je me di­sais : “C’est hor­rible, tu dois mieux jouer, tu dois vrai­ment mieux faire”, ana­ly­sait-elle. Jus­qu’à au­jourd’hui [sa­me­di], j’avais très bien ser­vi toute la quin­zaine. J’avais dû perdre mon ser­vice deux fois, peut être. Au­jourd’hui, je n’ai pas mis un pre­mier ser­vice dans le court… Bianca a su­per­be­ment joué, elle a mis énor­mé­ment de pres­sion sur mes ser­vices, mais, en même temps, je me dis qu’il est in­ex­cu­sable pour moi de jouer aus­si mal. […] Il y a tel­le­ment de choses que j’au­rais pu faire un peu mieux. » Se­re­na Williams, qui a la­mi­né men­ta­le­ment ses ad­ver­saires pen­dant vingt ans, est-elle vic­time à son tour d’un blo­cage ? « Je pense que j’au­rais pu être plus Se­re­na, ad­met­tait-elle à de­mi-mot. Se­re­na n’était pas là au­jourd’hui. Il faut que je trouve comment la faire re­ve­nir en fi­nale de Grand Che­lem.» L’his­toire ne se­ra pas ter­mi­née avant, vous pou­vez lui faire confiance.

« Je me dis qu’il est in­ex­cu­sable pour moi de jouer aus­si mal. » Se­re­na Williams

Se­re­na Williams a été étran­ge­ment fé­brile en fi­nale, no­tam­ment au ser­vice.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.