Le «pa­qui­to» de fans fran­çais fait sen­sa­tion au Ja­pon

Dans le mé­tro, les fans des Bleus ont créé une po­lé­mique en fai­sant un « pa­qui­to »

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - De notre en­voyé spé­cial au Ja­pon, William Pe­rei­ra

La vie est faite de choix. Comme ce­lui de ren­trer du match France-ar­gen­tine, sa­me­di, en mé­tro plu­tôt que dans le car af­fré­té pour les jour­na­listes. Ce qui nous a per­mis d’être au plus près des fes­ti­vi­tés des sup­por­ters fran­çais. Leur fait d’armes? Avoir fê­té la vic­toire des Bleus en for­mant un « pa­qui­to » (pho­to ci-contre) au beau mi­lieu d’une rame. L’am­biance était bon en­fant, si bien que les voya­geurs to­kyoïtes ont sno­bé les wa­gons voi­sins pour em­bar­quer dans la rame folle. L’un d’entre eux, en­traî­né par les « Nip­pon, Nip­pon, Nip­pon ! » de nos Fran­çais, a même trou­vé le cou­rage de se je­ter à corps per­du dans ce que la chaîne Fu­ji TV qua­li­fie­ra gra­cieu­se­ment de «ta­pis rou­lant hu­main ». Ça, c’est pour le « pa­qui­to » gen­til.

« Les Ja­po­nais qui sont au cou­rant du Mon­dial, c’est li­mite leur rêve de faire un pa­qui­to. » Ni­co­las Kras­ka, joueur fran­çais de rug­by au Ja­pon

Il y en a eu au moins un autre qui n’a pas été loin de pro­vo­quer un in­ci­dent di­plo­ma­tique. A une heure dif­fé­rente, des sup­por­ters fran­çais se sont dis­tin­gués de la même ma­nière, avec, cette fois-ci, quelques fausses notes. Comme quand le ca­pu­chon de l’ob­jec­tif d’un ap­pa­reil pho­to ap­par­te­nant à une Ja­po­naise s’est en­vo­lé après avoir fait la ren­contre d’un pied fran­çais. Sur Twit­ter, elle a dé­crit des fans tri­co­lores par­ti­cu­liè­re­ment ex­ci­tés, dont l’autre tort a été de po­ser les pieds sur les sièges.

«Je trouve ça fu­tile, ex­plique Eric, qui était du “pre­mier pa­qui­to”. Quand t’es pays hôte, tu fais ce choix pour mon­trer au monde ta culture et t’ac­ceptes d’être confron­té à celle des autres. Si le prix à payer, c’est 15 zouaves as­sis par terre, ça ne mé­rite peut-être pas qu’on fasse ve­nir l’am­bas­sa­deur.» Sauf que, au Ja­pon, ça ne passe pas trop. Le mé­tro est un lieu si­len­cieux, où le fait de gri­gno­ter peut vous coû­ter des re­gards noirs. En­core plus si vous êtes un gai­jin (étran­ger). Pour­tant, Ni­co­las Kras­ka, rug­by­man fran­çais ex­pa­trié dans l’ar­chi­pel, as­sure que, pour « les Ja­po­nais qui sont au cou­rant du Mon­dial, fans de rug­by, c’est li­mite leur rêve de faire un “pa­qui­to”, ils sont trop con­tents». Le «pa­qui­to­gate», c’est fi­na­le­ment l’his­toire de deux cultures qui entrent en col­li­sion pour pro­vo­quer un big bang d’in­com­pré­hen­sion. «Ceux qui ne savent pas vrai­ment qu’il y a une Coupe du monde sont cho­qués, ou du moins gê­nés, par le bruit, le désordre », re­prend Kras­ka. Ce qui ne semble pas per­tur­ber Eric. Quand on lui a de­man­dé s’il re­fe­rait un « pa­qui­to », la ré­ponse du sup­por­ter du XV de France était for­melle : «La ques­tion, c’est : “Se­rez-vous dans notre rame quand on le re­fe­ra?” »

Les sup­por­ters fran­çais en train de fê­ter la vic­toire face à l’ar­gen­tine.

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