Boyer, une graine de star

Les Bleus, en de­mie de l’eu­ro ce ven­dre­di, pour­ront comp­ter sur leur poin­tu

20 Minutes (Toulouse) - - SPORTS - A Nantes, Da­vid Phe­lip­peau

« Il pré­fère ne pas trop se mettre en va­leur, il est comme ça. » Jo­nas Ague­nier connaît par coeur son ami Ste­phen Boyer. Le cen­tral fran­çais n’a pas été sur­pris lors­qu’on lui a ra­con­té l’at­ti­tude, face aux jour­na­listes, de ce­lui qui a écla­bous­sé de son ta­lent le quart de fi­nale entre la France et l’ita­lie (3-0), mar­di. «C’est beau­coup de tra­vail et un peu de réus­site, es­ti­mait le poin­tu des Bleus, qui lut­te­ront pour une place en fi­nale de l’eu­ro ce ven­dre­di face à la Ser­bie. Je suis content de la vic­toire fi­nale. Ce n’est pas que moi, nous avons été por­tés par la salle… »

« Pour qu’il de­vienne un top player, il doit être plus ré­gu­lier. » Ju­lien La­vagne, ex-co­équi­pier de Ste­phen Boyer à Ajac­cio

Pour­tant, le joueur de 23 ans ve­nait de faire un match fan­tas­tique face aux Ita­liens, avec no­tam­ment neuf aces. A tel point que ses par­te­naires os­cil­laient entre « je n’ai ja­mais vu ça » et « Ste­phen a été in­tou­chable ». « Pour moi, il est pas­sé de bon joueur à joueur qui fait ga­gner son équipe », ré­sume Jo­nas Ague­nier, qui loge chez Ste­phen Boyer en ce mo­ment à Vé­rone. Le Réu­nion­nais, aux qua­li­tés phy­siques hors norme (1,96 m), a re­joint la mé­tro­pole à 16 ans. « Il était sur­clas­sé, se rap­pelle Yann Gas­tel­lu, son en­traî­neur de l’époque à Mé­ri­gnac [Gi­ronde]. A 16 ans, il jouait avec les moins de 19 ans. Il était ul­tra­pré­coce, très ha­bile. Il avait un sens du jeu dé­jà ins­tal­lé et un excellent ser­vice. » Le tech­ni­cien garde d’ailleurs en sou­ve­nir les deux aces réa­li­sés dans le der­nier set en de­mi-fi­nale des cham­pion­nats de France.

La pro­gres­sion de Boyer n’a pour­tant pas été li­néaire. Après le Centre na­tio­nal de vol­ley-ball de Mont­pel­lier, son ex­pé­rience à Ajac­cio (2014-2015) a tour­né au vi­naigre. « Il ne com­pre­nait pas pour­quoi il ne jouait pas, il n’était pas pa­tient, ra­conte Ju­lien La­vagne, son ancien co­équi­pier. Quand on per­dait et que cer­tains mecs n’avaient pas été per­for­mants, ça le gon­flait. Il vo­lait dé­jà à l’époque, mais ça ne suf­fi­sait pas. » Alors, il prend la di­rec­tion de Chaumont (2015-2018). « Là, je l’ai vu pro­gres­ser », es­time Ague­nier. Et la pré­sence du tech­ni­cien ita­lien Sil­va­no Pran­di n’y est pas étran­gère. « Il a su le ti­tiller dans le bon sens… », confie Jo­nas Ague­nier.

Avec Ste­phen Boyer, le club de Hau­temarne de­vient cham­pion de France en 2017. Un titre qui lui a ou­vert les portes des Bleus, puis celles, en 2018, d’un des meilleurs cham­pion­nats du monde, l’ita­lie. « Pour qu’il de­vienne un top player, il doit être plus ré­gu­lier, conclut La­vagne. Ce n’est pas en­core une star comme Ear­vin [Nga­peth]. Ste­phen sait très bien qu’il n’est pas en­core ar­ri­vé. » Ce qui pour­rait ex­pli­quer toutes ces ré­ponses tein­tées de mo­des­tie.

Ste­phen Boyer en­chaîne les grosses per­for­mances avec l’équipe de France.

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