Dji­la­li Be­dra­ni prêt pour le grand saut aux Mon­diaux

Le Tou­lou­sain Dji­la­li Be­dra­ni, en pleine pro­gres­sion, s’aligne sur 3 000 m steeple lors des cham­pion­nats du monde de Do­ha

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - Ni­co­las Sti­val

Cross, 1 500 m, 3 000 m, 3 000 m steeple. Dji­la­li Be­dra­ni est un tou­cheà-tout. Mais c’est grâce à cette der­nière dis­ci­pline que le Tou­lou­sain s’ap­prête à dis­pu­ter, au Qa­tar, son « pre­mier cham­pion­nat du monde chez les grands». «Dans un pre­mier temps, il faut pas­ser les qua­li­fi­ca­tions, ex­plique le so­cié­taire du Sa­tuc (Sec­tion ath­lé­tisme Tou­louse uni­ver­si­té club), qui fê­te­ra ses 26 ans mar­di, jus­te­ment le jour des qua­lifs. Il faut prendre la tem­pé­ra­ture avant de se pro­je­ter. » L’ex­pres­sion est par­ti­cu­liè­re­ment bien choi­sie pour par­ler des Mon­diaux de Do­ha. « La cha­leur, c’est la seule chose que j’ap­pré­hende un peu, confiait-il mar­di, avant de quit­ter sa ville na­tale. Comment je vais ré­agir à ça ? » Heu­reu­se­ment pour lui et ses concur­rents, dont le fa­vo­ri ma­ro­cain Sou­fiane el-bak­ka­li, le 3 000 m steeple se dis­pu­te­ra dans un Kha­li­fa Sta­dium cli­ma­ti­sé. Cham­pion de France 2019, Dji­la­li Be­dra­ni au­teur d’un épa­tant 8’09’’47 le 12 juillet à Mo­na­co (qua­trième meilleure per­for­mance na­tio­nale de tous les temps) peut lé­gi­ti­me­ment se pro­je­ter sur une fi­nale, ven­dre­di. Et, pour­quoi pas, per­pé­tuer la tra­di­tion d’ex­cel­lence tri­co­lore sur la dis­tance, après Jo­seph Mah­moud, Bouab­del­lah Tah­ri et Ma­hie­dine Me­khis­si-be­nab­bad, ac­tuel­le­ment bles­sé. Ce der­nier, double mé­daillé d’ar­gent aux JO, peut-il ser­vir de mo­dèle au Tou­lou­sain ? « Ma­hie­dine a été tou­jours sur les po­diums in­ter­na­tio­naux ces dix der­nières an­nées, re­lève le suc­ces­seur. Il a un pal­ma­rès de fou, c’est un exemple. Mais on a tous notre propre his­toire. Et j’ai en­vie d’écrire la mienne. » Dé­jà qua­li­fié pour les Jeux olym­piques de To­kyo en 2020, le mi­li­taire dé­ta­ché par le troi­sième ré­gi­ment du ma­té­riel de Mu­ret (Hau­te­ga­ronne) ne se « fixe pas de li­mites ». Mais il sait, en re­vanche, les ef­forts mis en place pour sor­tir, une ou deux fois par an­née, de l’ano­ny­mat mé­dia­tique. « On est des mecs de l’ombre. On est seule­ment mis en lu­mière sur quelques mee­tings, les Jeux olym­piques, un cham­pion­nat du monde, voire un cham­pion­nat d’eu­rope, ajoute Dji­la­li Be­dra­ni. Toute l’an­née, je me sa­cri­fie, je m’en­traîne. Mais ce n’est pas une frus­tra­tion, car j’aime ça. » Une bonne cen­taine de ki­lo­mètres ava­lés par se­maine, un en­traî­ne­ment tous les jours, week-end in­clus, cinq ou six stages par an, jus­qu’au Ke­nya ou en Afrique du Sud… Mieux vaut avoir le goût de l’ef­fort, en ef­fet. Et pas trop le goût du luxe.

« Toute l’an­née, je me sa­cri­fie. Mais ce n’est pas une frus­tra­tion, car j’aime ça. » Dji­la­li Be­dra­ni

Dji­la­li Be­dra­ni es­père être en fi­nale du 3 000 m steeple, ven­dre­di à Do­ha.

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