Le chan­ge­ment de cou­loir aé­rien ne fait pas l’una­ni­mi­té

Au nord de Tou­louse, la mo­di­fi­ca­tion d’un cou­loir aé­rien, en test, sou­lage cer­tains ha­bi­tants mais nuit à d’autres

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - Hé­lène Mé­nal

« Ils pensent sans doute que, parce qu’on est moins nom­breux, on va crier moins fort.» Jean-marc Sanchez vit avec sa fa­mille à Daux, une com­mune de 2283 âmes, au nord de Tou­louse. Il fait par­tie des ha­bi­tants qui, fin mai-dé­but juin, ont commencé à par­ler avions au dé­bot­té avec leurs voisins, de cette im­pres­sion qu’ils étaient plus nom­breux et plus bruyants.

En fait, il a res­sen­ti sans le sa­voir les ef­fets d’un test me­né de­puis le 23 mai par les au­to­ri­tés de l’avia­tion ci­vile. Il consiste à dé­pla­cer lé­gè­re­ment vers l’ouest le cou­loir aé­rien em­prun­té par les avions qui dé­collent de l’aé­ro­port Tou­louse-bla­gnac quand le vent souffle du nord-ouest, soit dans 56 % des cas. L’idée est sou­mise à enquête pu­blique*.

L’ef­fet es­comp­té est de sur­vo­ler une zone moins ur­ba­ni­sée. Se­lon les chiffres of­fi­ciels, le pro­jet per­met­trait d’amé­lio­rer le quo­ti­dien acous­tique de 1 800 per­sonnes, ré­si­dant es­sen­tiel­le­ment à Mer­ville, à l’est de Daux. Mais, dans cette der­nière com­mune, 25 ha­bi­tants sup­plé­men­taires se­raient tou­chés. « 25 seule­ment ? Alors que notre pé­ti­tion a réuni 500 si­gna­tures en trois se­maines ? », s’in­ter­roge Jean-marc Sanchez, vice-pré­sident de la toute nou­velle as­so­cia­tion Daux En­vi­ron­ne­ment.

« Un trans­fert de nui­sances »

« Même avec les fe­nêtres fer­mées et le double vi­trage, c’est devenu im­pos­sible », té­moigne Ch­ris­tel La­croix, une autre ha­bi­tante. Elle est au­trice et tra­vaille chez elle. « On était venus s’ins­tal­ler ici pour cher­cher le calme », ajoute celle qui, iro­nie du sort, a ex­clu un achat im­mo­bi­lier à Mer­ville à cause des avions. Même le collectif contre les nui­sances aé­riennes dans l’ag­glo­mé­ra­tion tou­lou­saine, qui ob­tient avec ce chan­ge­ment une forme de sa­tis­fac­tion, conteste la mé­thode : « S’il est sou­hai­table de ré­duire les po­pu­la­tions at­teintes par le bruit et la pol­lu­tion de l’aé­ro­port de Tou­lou­se­bla­gnac, à Mer­ville et Aus­sonne, ce­la ne peut se faire par un simple trans­fert de nui­sances sur des po­pu­la­tions prises au dépourvu comme ce­la a été trop sou­vent le cas par le pas­sé », écrit Chan­tal Demander, sa pré­si­dente.

*Les ha­bi­tants peuvent s’ex­pri­mer jus­qu’au 18 oc­tobre

De­puis le 23 mai, de nou­velles zones sont sur­vo­lées par les avions.

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