Joa­quin Phoe­nix veut sus­ci­ter l’em­pa­thie des spec­ta­teurs

Joa­quin Phoe­nix se sur­passe dans « Jo­ker », où il trouve son meilleur rôle

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - Ca­ro­line Vié

Mais pour­quoi est-il si mé­chant ? Jo­ker de Todd Phil­lips ré­pond à cette ques­tion en re­ve­nant sur les ori­gines de ce­lui qui de­vien­dra l’en­ne­mi ju­ré de Bat­man. Il offre à Joa­quin Phoe­nix le plus beau rôle de sa car­rière, ce­lui d’ar­thur Fleck, un co­mique mi­nable som­brant dans la fo­lie.

« Je ne consi­dère pas que mon film est po­li­tique, confie à 20 Mi­nutes Todd Phil­lips. Mais j’ad­mets qu’il fait écho au monde dans le­quel nous vi­vons, où les êtres faibles et dif­fé­rents sont igno­rés et ba­foués. » Ar­thur vit seul avec sa mère. Il a un em­ploi de clown sous­payé et se bourre de mé­di­ca­ments. Pour se ven­ger de ceux qui l’hu­mi­lient au quo­ti­dien, son per­son­nage se montre de plus en plus in­gé­rable, jus­qu’à se faire le porte-pa­role, ter­ri­fiant mais quand même at­ta­chant, des lais­sés-pour-compte de l’amé­rique. « On ne cherche pas à ex­cu­ser ses actes, in­siste Joa­quin Phoe­nix. Mais j’ai­me­rais que le spec­ta­teur res­sente de l’em­pa­thie pour lui. » Qu’il soit face à Ro­bert De Ni­ro en pré­sen­ta­teur de té­lé­vi­sion odieux, à Za­zie Beetz en voi­sine cra­quante ou à Frances Con­roy en ma­man agi­tée du bo­cal, l’ac­teur mo­dule ses ef­fets pour li­vrer une in­car­na­tion du Jo­ker pro­fon­dé­ment hu­maine. Il rend ain­si la com­plexi­té d’un homme pous­sé à bout au point de de­ve­nir un psy­cho­pathe à en­fer­mer.

« La noir­ceur du Jo­ker me han­tait en­core trois mois après le tour­nage. » Joa­quin Phoe­nix

Fas­ci­nant et flip­pant

« Je n’ai pas l’im­pres­sion d’en faire trop, pré­cise Joa­quin Phoe­nix. J’ai es­sayé de mon­trer à quel point la fo­lie d’ar­thur l’isole du monde et lui fait at­teindre un point de non-re­tour. »

Quand le ma­lade men­tal de­vient Jo­ker dans un dé­fer­le­ment d’actes vio­lents à dé­con­seiller aux âmes sen­sibles, il ne s’en prend qu’à ceux qui lui ont nui. Ses scènes de danse, transes aus­si fas­ci­nantes que flip­pantes, sont une créa­tion du co­mé­dien.

Ce por­trait très sombre tient plus d’un ci­né­ma d’au­teur exi­geant que d’un fes­ti­val d’ac­tion à la Mar­vel. Le Lion d’or du meilleur film à Ve­nise comme son dé­mar­rage triom­phal aux Etats-unis laissent au­gu­rer du meilleur pour sa car­rière, avec sans doute un Os­car au bout du par­cours pour Joa­quin Phoe­nix. « La noir­ceur du Jo­ker me han­tait en­core trois mois après le tour­nage », avoue ce der­nier. Le spec­ta­teur gar­de­ra lui aus­si long­temps en tête le sou­rire de ce clown qu’on n’ai­me­rait pas croi­ser dans la rue.

##Jev#118-70-https://bit.ly/2mp­tah1##jev# Joa­quin Phoe­nix a tout fait pour que « le spec­ta­teur res­sente de l’em­pa­thie ».

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