Les Bleus nous passent le bon­jour

Cri­ti­quée par la presse, la France est re­van­charde avant les quarts de fi­nale

20 Minutes (Toulouse) - - SPORTS - De notre envoyé spé­cial au Ja­pon, William Pe­rei­ra

Re­tour à la nor­male pour le XV de France, après un week-end per­tur­bé par le ty­phon Ha­gi­bis, qui a pro­vo­qué l’an­nu­la­tion du match face à l’an­gle­terre. Re­tour à la nor­male pour les jour­na­listes, aus­si. Ter­rain bâ­ché, bâ­ti­ment pré­fa­bri­qué, wi­fi ha­sar­deux… La presse a l’ha­bi­tude d’être contrô­lée, mais la vexa­tion est proche. A croire que Jacques Bru­nel et ses hommes dé­testent réel­le­ment les mé­dias. Le sé­lec­tion­neur a ju­ré le contraire, en confé­rence de presse : «Il n’y a au­cun blo­cage par rap­port aux mé­dias, au­cun pro­blème. Cha­cun fait son mé­tier et on ac­cepte la cri­tique.» Sauf que ce­la ne colle pas avec des mots que Bru­nel a eus un peu plus tôt quant à sa sa­tis­fac­tion de voir son équipe se qua­li­fier pour les quarts (lire l’en­ca­dré): «Ce n’est pas une re­vanche, c’est un constat. Si je vous ai bien lus, pas grand monde ne nous voyait battre l’ar­gen­tine et sor­tir de la poule. On est là. » La ré­cur­rence du dis­cours est frap­pante. Ab­so­lu­ment tous les membres des Bleus à qui on a par­lé après le suc­cès contre les Ton­ga nous l’ont dit : «Per­sonne ne nous voyait en quarts et on y est.» Si ce n’est pas une re­vanche, c’est au moins une très belle imi­ta­tion de la chose.

Mais les men­songes, très peu pour Charles Ol­li­von : « In­cons­ciem­ment, pour être hon­nête, peut-être qu’il y a eu de ça [un sen­ti­ment de re­vanche]. Nous, dans notre tra­vail, quand on nous tape des­sus, c’est jouis­sif de pou­voir ré­pondre pour mon­trer notre va­leur.» De Ca­mille Lo­pez, on ap­prend que le scep­ti­cisme ini­tial au­tour des Bleus peut même s’étendre jus­qu’au cercle

d’amis. «Quand la poule est tom­bée, j’ai des potes à moi qui, à ce mo­ment, dou­taient et avaient la lé­gi­ti­mi­té de dou­ter de nous, ex­plique l’ou­vreur cler­mon­tois. En même temps, quand vous voyez le Tour­noi des VI Na­tions qu’on avait fait, on n’al­lait pas dire qu’on était meilleurs que les An­glais et que les Ar­gen­tins. » La re­vanche sobre, aus­si, pour Charles Ol­li­von. Le troi­sième ligne tou­lon­nais se garde de fan­fa­ron­ner, car une sor­tie par la pe­tite porte en quarts de fi­nale face aux Gal­lois, avec une va­lise comme ca­deau de re­tour à la mai­son, pour­rait tout foutre en l’air : «On ne peut pas s’en­voyer des fleurs parce qu’on a ga­gné ces matchs-là [Ar­gen­tine, Ton­ga et Etats-unis]. Mais il faut aus­si être cons­cient du po­si­tif. On a ga­gné, et c’est dé­jà bien.»

« C’est jouis­sif de pou­voir ré­pondre pour mon­trer notre va­leur. » Charles Ol­li­von

Serin (en haut) et Va­ka­ta­wa ra­dieux lors de la vic­toire face aux Ton­ga.

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