Où sont les mé­de­cins ?

Aux Pra­dettes, se faire soi­gner est de­ve­nu un par­cours du com­bat­tant

20 Minutes (Toulouse) - - GRAND TOULOUSE - Hé­lène Mé­nal

Les Pra­dettes ne sont pas l’ariège. Pour­tant, dans ce quar­tier de l’ouest de Tou­louse, la dé­ser­ti­fi­ca­tion mé­di­cale est une réa­li­té. « Ça s’est dé­gra­dé petit à petit, té­moigne Ni­cole Fe­non, du col­lec­tif des as­so­cia­tions du quar­tier. Nous sommes 11 000 ha­bi­tants et il y a dix ans, on avait dix mé­de­cins gé­né­ra­listes, il n’y a en a plus qu’un seul, et un autre à mi-temps. Et comme dans le quar­tier voi­sin de Mi­rail-uni­ver­si­té, il n’y en a plus du tout, ce­la fait 1,5 mé­de­cin pour près de 17 000 ha­bi­tants ».

« Un risque sa­ni­taire »

Des fa­milles partent rem­plir les salles d’at­tente dans d’autres quar­tiers. « Mais quand on est une mère seule, sans voi­ture, faire une de­mi-heure de marche avec des en­fants ma­lades, ce n’est pas évident », pour­suit Ni­cole Fe­non qui, elle-même, a par­fois re­cours à SOS Mé­de­cins. Elle pointe la dif­fi­cul­té des ha­bi­tants à trou­ver un mé­de­cin trai­tant et « un vrai risque sa­ni­taire pour les po­pu­la­tions dé­jà fra­gi­li­sées ». Pour sa part, Stéphane Ous­tric, le pré­sident dé­par­te­men­tal de l’ordre des mé­de­cins, est per­sua­dé qu’avec l’aug­men­ta­tion du nu­me­rus clau­sus, « dans dix ans, il y au­ra un mé­de­cin à chaque coin de rue ». D’après les chiffres de la dé­mo­gra­phie mé­di­cale en Haute-ga­ronne, les jeunes as­pirent dans leur grande ma­jo­ri­té à exer­cer de fa­çon re­grou­pée. Pas à re­prendre, donc, les ca­bi­nets des mé­de­cins re­trai­tés des Pra­dettes. L’agence ré­gio­nale de San­té a va­li­dé des aides fi­nan­cières pour 23 pro­jets de mai­sons de san­té en Oc­ci­ta­nie. L’un se si­tue à Tou­louse, dans le quar­tier Ran­gueil-sau­ze­long. Aux Pra­dettes, l’es­poir re­pose sur des ki­nés du quar­tier. « Ils veulent bâ­tir un centre mé­di­cal et y ac­cueillir deux mé­de­cins gé­né­ra­listes, peut-être trois », as­sure Ni­cole Fe­non. Mais « d’ici deux à trois ans ».

Les jeunes mé­de­cins pré­fèrent les mai­sons de san­té aux ca­bi­nets iso­lés.

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