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Qua­li­fié pour la pre­mière fois en quarts, le Ja­pon ne veut pas se re­po­ser sur ses lau­riers

20 Minutes (Toulouse) - - SPORTS - De notre cor­res­pon­dant au Ja­pon, Ma­thias Ce­na

Une sur­prise pour le monde en­tier et un saut dans l’in­con­nu. Après leur brillante cam­pagne de poules, ja­lon­née de vic­toires in­at­ten­dues contre l’ir­lande puis l’ecosse, les Ja­po­nais ont dé­jà ré­écrit leur his­toire en as­su­rant leur pré­sence, pour la pre­mière fois, en quarts de fi­nale de la Coupe du monde.

« On n’y va pas juste pour faire un bon match et perdre à la fin. » Mi­chael Leitch, ca­pi­taine de l’équipe ja­po­naise

En plus d’une sta­ri­fi­ca­tion qua­si ins­tan­ta­née pour ces hommes dont la ma­jo­ri­té du pu­blic ja­po­nais igno­rait les noms il y a en­core un mois, les Brave Blos­soms ont im­pri­mé leur marque dans le monde de l’ova­lie en se his­sant au sep­tième rang mon­dial. L’ob­jec­tif des quarts, fixé avant le dé­but de la com­pé­ti­tion, étant dé­sor­mais at­teint, les Nip­pons fe­ront face à deux tâches ex­trê­me­ment difficiles, di­manche : battre l’afrique du Sud et ré­sis­ter à la ten­ta­tion de se re­po­ser sur leurs lau­riers.

«On est dé­sor­mais en­trés dans l’his­toire, mais c’est ce qui nous at­tend en­suite qui est im­por­tant», note le ca­pi­taine, Mi­chael Leitch, « vi­sage » de l’équipe, qui ne peut plus sor­tir de l’hô­tel pour boire un ca­fé sans être as­sailli par les fans. Pour prendre du re­cul, Leitch avait pré­vu de ren­con­trer d’an­ciennes stars des All Blacks pour dis­cu­ter de leur ex­pé­rience de win­ners. Il a aus­si pu échan­ger avec le ca­pi­taine de l’équipe ja­po­naise de foot qui, au Mon­dial 2002, avait mar­qué l’his­toire en dé­pas­sant le stade des poules. « Ce qu’il m’a dit, ra­conte Leitch, c’est qu’ils pen­saient avoir at­teint leur ob­jec­tif, et ils ont fê­té ça jus­qu’au dé­but de la se­maine sui­vante.» Avant de se faire sor­tir par la Tur­quie. Au soir de la vic­toire contre l’ecosse, le troi­sième ligne avait dé­jà pré­ve­nu d’un chan­ge­ment de men­ta­li­té dans

l’équipe : « On n’y va pas juste pour faire un bon match et perdre à la fin. On se­ra là pour ga­gner.» Ce leit­mo­tiv n’était pas une évi­dence, il y a quelques an­nées. Ed­die Jones, le coach qui a me­né le Ja­pon à l’ex­ploit contre les Boks en 2015, s’était bat­tu contre «l’état d’es­prit de l’équipe, heu­reuse d’es­sayer et de perdre. S’ils étaient bat­tus 50-25, tout le monde ap­plau­dis­sait et sou­riait parce que la dé­faite était ac­cep­table. » Le mot d’ordre se­ra de res­ter grou­pés, et « de ne pas dé­vier de notre plan de jeu », in­dique le n° 9 Kai­to Shi­ge­no. Face à la puis­sance sud-afri­caine, le Ja­pon a confiance en son atout : une condi­tion phy­sique op­ti­male de ses joueurs, af­fû­tée par deux cent qua­rante jours d’en­traî­ne­ments ha­ras­sants. Le jeu en vaut la chan­delle.

A l’image de leur ca­pi­taine, Mi­chael Leitch, les Ja­po­nais sont am­bi­tieux.

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