«Doc­tor Sleep» est «comme un en­fant de “Shi­ning” »

Avec ce film, le réa­li­sa­teur Mike Fla­na­gan rend hom­mage à « Shi­ning »

20 Minutes (Toulouse) - - NEWS - Ca­ro­line Vié

Mike Fla­na­gan flip­pait au mo­ment de réa­li­ser Doc­tor Sleep, la suite de Shi­ning. A rai­son : il lui fal­lait non seule­ment plaire à son au­teur, le maître de l’hor­reur, Ste­phen King, mais aus­si aux fans du chef-d’oeuvre de Stan­ley Ku­brick. « J’ai vu Shi­ning quand j’avais une di­zaine d’an­nées, et ce film m’a trau­ma­ti­sé à vie», confie le ci­néaste à 20 Mi­nutes.

Mike Fla­na­gan avait tel­le­ment été ef­frayé qu’il n’avait plus vu de films d’hor­reur pen­dant des an­nées : « Je crai­gnais qu’ils soient aus­si ter­ri­fiants que Shi­ning ! C’est ça qui m’a don­né en­vie d’écrire mes propres his­toires hor­ri­fiques. » Après avoir créé la sé­rie «The Haun­ting of Hill House», il s’est char­gé de don­ner vie, dans Doc­tor Sleep, aux aven­tures de Danny, le ga­min de Shi­ning, de­ve­nu adulte sous les traits d’ewan Mcg­re­gor.

Deux élé­ments ont contri­bué à tran­quilli­ser Mike Fla­na­gan. Il a été adou­bé par Ste­phen King en per­sonne, qui n’a ja­mais ca­ché dé­tes­ter le film de Ku­brick. «Je lui ai ex­pli­qué ce que je comp­tais faire avec les scènes de l’hô­tel Over­look, et il a ap­prou­vé », ra­conte le réa­li­sa­teur. Il a aus­si été ras­su­ré en dé­cou­vrant Rea­dy Player One de Ste­ven Spiel­berg, dont les hé­ros vi­sitent une sé­quence de Shi­ning.

Pour Mike Fla­na­gan, il n’a pas été pos­sible pour au­tant de faire table rase du film de Ku­brick, dont il re­prend plu­sieurs scènes à l’iden­tique. Pas ques­tion, ce­pen­dant, de se lais­ser écra­ser par ce clas­sique du ci­né­ma d’hor­reur. «J’ai es­sayé de faire le film que j’avais en­vie de voir, en étant plei­ne­ment conscient qu’il ne pour­rait pas plaire à tout le monde», as­sure le réa­li­sa­teur. C’est donc en connais­sance de cause que le ci­néaste s’est lan­cé dans l’aven­ture de Danny Tor­rance, al­coo­lique re­pen­ti que ses pou­voirs pa­ra­nor­maux vont conduire à af­fron­ter des êtres re­dou­tables, me­nés par une femme dia­bo­lique (Re­bec­ca Fer­gu­son). «Je ne vois pas le film comme une suite à Shi­ning, mais plu­tôt comme son en­fant, in­siste Mike Fla­na­gan. Le pre­mier ré­cit par­lait d’al­coo­lisme et de pa­ter­ni­té. Ce­lui-ci évoque des thèmes plus mo­dernes, comme la vi­ri­li­té dans ce qu’elle a de plus fra­gile et les femmes fortes.» Danny doit ain­si prendre sur lui pour faire face à ses peurs d’au­tre­fois dans l’es­poir de sau­ver une pe­tite fille brillante in­car­née par Ky­liegh Cur­ran. Si Mike Fla­na­gan est par­ve­nu à in­no­ver, les meilleurs mo­ments de Doc­tor Sleep sont ceux où on se re­trouve dans l’hô­tel Over­look. « J’avais même fait fa­bri­quer un tri­cycle géant pour pou­voir cir­cu­ler dans les cou­loirs, comme Danny dans le film ori­gi­nal», ra­conte le ci­néaste. Fla­na­gan s’est tel­le­ment pris au jeu qu’il en­traîne avec lui le spec­ta­teur dans ce conte ter­ri­fiant. On fris­sonne joyeu­se­ment en consul­tant ce Doc­tor Sleep.

« Je ne vois pas le film comme une suite à Shi­ning, mais comme son en­fant.» Mike Fla­na­gan, réa­li­sa­teur

Ewan Mcg­re­gor in­ter­prète Danny Tor­rance, de­ve­nu adulte dans Doc­tor Sleep.

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