Plon­gez dans l’uni­vers d’«a la croi­sée des mondes»

Dif­fu­sée ce mer­cre­di sur OCS, la nou­velle sé­rie «His Dark Materials – A la croi­sée des mondes» est ti­rée de l’oeuvre de fan­ta­sy

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - Anaïs Bor­dages

Le pé­ché ori­gi­nel est dé­crit comme ayant un ef­fet po­si­tif sur l’hu­ma­ni­té.

Pour beau­coup de fans ayant gran­di dans les an­nées 1990, la sor­tie d’a la croi­sée des mondes (ce mer­cre­di sur OCS) est aus­si at­ten­due que re­dou­tée. Car adap­ter la tri­lo­gie culte de Phi­lip Pull­man n’est pas une mince af­faire : dif­fi­cile de re­trans­crire à l’écran des ani­maux par­lants, une hé­roïne fé­mi­niste de 12 ans et une cri­tique de la re­li­gion or­ga­ni­sée. Les chaînes HBO et BBC s’y sont col­lées, avec un cas­ting al­lé­chant (James Mca­voy, Ruth Wil­son, Dafne Keen) et Tom Hoo­per à la réa­li­sa­tion. Et les fans peuvent être ras­su­rés, l’uni­vers de Pull­man est là.

>Les dae­mons. Dans les livres et la sé­rie, chaque hu­main est ac­com­pa­gné d’un ani­mal qui parle : les «dae­mons». Ils sont une ma­ni­fes­ta­tion phy­sique de l’âme des per­son­nages. Pour cette rai­son, ils ne peuvent pas être sé­pa­rés de leur hu­main. Les dae­mons des en­fants peuvent chan­ger de forme (ce­lui de Ly­ra, l’hé­roïne, ap­pa­raît le plus sou­vent comme une her­mine), mais celle-ci se fixe dé­fi­ni­ti­ve­ment lorsque le per­son­nage at­teint l’âge de 18 ans. Gé­né­ra­le­ment, grâce à son dae­mon, on peut de­vi­ner la na­ture et la per­son­na­li­té d’un per­son­nage. Avec le concept des dae­mons, Phi­lip Pull­man a trou­vé une ma­nière simple et mi­gnonne d’illus­trer les ques­tions com­pli­quées au coeur de sa tri­lo­gie.

>La re­li­gion. Pour une tri­lo­gie plu­tôt des­ti­née aux en­fants, « A la croi­sée des mondes » contient des thèmes riches et sé­rieux. La sé­rie pré­sente no­tam­ment une vi­sion très sombre de la re­li­gion chré­tienne. Lors de l’écri­ture, Phi­lip Pull­man s’est en ef­fet ins­pi­ré du Pa­ra­dis per­du de John Mil­ton, poème qui re­trace la chute d’adam et Eve. Sauf que, pour faire court, Phi­lip Pull­man opère dans sa tri­lo­gie une in­ver­sion de la Ge­nèse, où Ly­ra est pré­sen­tée comme une « nou­velle Eve » hé­roïque, et où le pé­ché ori­gi­nel est en fait dé­crit comme ayant un ef­fet po­si­tif sur l’hu­ma­ni­té. Quant à l’eglise de cet uni­vers, éga­le­ment ap­pe­lée le Ma­gis­te­rium, elle est une fi­gure né­faste, au­to­ri­taire et toute-puis­sante.

>Le fé­mi­nisme. L’autre as­pect que Pull­man cherche à dé­cons­truire est la place de la femme dans notre culture pa­triar­cale. Dans les codes nar­ra­tifs tra­di­tion­nels de la lit­té­ra­ture fan­ta­sy, l’«élu» est sou­vent un gar­çon. Dans « A la croi­sée des mondes », l’hé­roïne est Ly­ra. On y trouve aus­si des sor­cières et Mrs. Coul­ter, l’an­ta­go­niste, une femme puis­sante et com­plexe. Ajou­tez à ce­la le fait que Ly­ra est une ver­sion re­vi­si­tée d’eve et le ré­cit de fan­ta­sy ap­pa­raît sub­ti­le­ment fé­mi­niste. Mais mal­gré ses thèmes un peu gran­di­lo­quents, la sé­rie – comme les livres – n’ou­blie pas d’être di­ver­tis­sante.

L’hé­roïne Ly­ra ap­pa­raît le plus sou­vent avec son dae­mon, une her­mine.

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