«Il faut trou­ver 500 000 balles pour que Pa­trick sorte»

Isa­belle Bal­ka­ny re­vient sur la somme que tentent de ré­col­ter des Le­val­loi­siens pour que son ma­ri, Pa­trick, sorte de pri­son

20 Minutes (Toulouse) - - GRAND TOULOUSE - Pro­pos recueillis par Vincent Van­ti­ghem

Ob­jec­tif : les 500000 €. Une as­so­cia­tion de Le­val­loi­siens tente de réunir cette somme afin de payer la cau­tion qui pour­rait per­mettre à leur maire, Pa­trick Bal­ka­ny (LR), de re­trou­ver l’air libre. Condam­né à quatre ans de pri­son ferme pour fraude fis­cale et à cinq ans pour blan­chi­ment, il est sous les ver­rous de­puis le 13 sep­tembre. En at­ten­dant, c’est son épouse, Isa­belle, qui tient les rênes de la mai­rie. Elle s’est confiée à 20 Mi­nutes.

Vous avez ren­du vi­site à votre ma­ri, mer­cre­di, à la pri­son de la San­té. Comment a-t-il ac­cueilli l’an­nonce de la créa­tion d’une as­so­cia­tion vi­sant à re­cueillir des fonds pour payer sa cau­tion ?

Ce­la fait quinze jours qu’on en parle. Mais, de toute fa­çon, Pa­trick ne vou­lait pas de trucs par In­ter­net. Il n’est pas très connec­té. Il hait Twit­ter. Il a eu un compte, mais il l’a fer­mé tout de suite. Bref, on s’est dit qu’il fal­lait un truc ca­dré. On s’est ren­sei­gnés et on a don­né notre ac­cord pour la créa­tion d’une as­so­cia­tion de sou­tien. Il est très tou­ché par cette ini­tia­tive. La réa­li­té, c’est qu’on n’a plus un cen­time. Ce n’est pas du pi­peau ! Je ne suis pas là pour me plaindre. Mais si on me verse dix balles sur mon compte, ils sont aus­si­tôt sai­sis. Donc, cette as­so­cia­tion est le seul moyen…

Lors de votre pro­cès, vous avez re­con­nu que vous aviez été plus « ci­gales que four­mis ». N’est-ce pas in­dé­cent, au­jourd’hui, de s’en re­mettre à la générosité des autres ?

Vous vou­lez mon sen­ti­ment pro­fond? Je vais vous le don­ner, de toute fa­çon. Mon sen­ti­ment, c’est qu’on est dans une pé­riode de haine de l’autre, de ra­cisme, d’antisémiti­sme et de pen­sée unique. Voi­là. Ceux qui cri­tiquent peuvent cri­ti­quer. Ce­la m’a fait cra­quer une fois [elle a été hos­pi­ta­li­sée après avoir ava­lé des mé­di­ca­ments douze jours avant son pro­cès]. Mais ce­la ne me fe­ra pas cra­quer deux fois.

Votre ma­ri se­ra fixé le 13 no­vembre sur sa de­mande de mise en li­ber­té. Vous croyez qu’il va sor­tir ?

Le pro­blème, c’est qu’il faut trou­ver 500 000 balles pour qu’il sorte… Et j’es­père qu’ils ne vont pas en ra­jou­ter une couche [la cour d’ap­pel pour­rait ré­cla­mer une autre cau­tion à la suite de sa deuxième de­mande de mise en li­ber­té].

Il a ex­pli­qué qu’il n’était plus sûr de vou­loir se re­pré­sen­ter. Il co­gite ?

Evi­dem­ment qu’il co­gite. Il n’a que ça à faire de la jour­née. Mais il peut aus­si se pré­sen­ter à la mai­rie sans pou­voir s’y rendre. A moi de po­ser des ques­tions. On est en quelle an­née?

2019…

Oui. On est dans quelle pé­riode?

Euh… Je ne sais pas…

On est dans la pé­riode de la tech­no­lo­gie. Au beau mi­lieu du conseil mu­ni­ci­pal, il suf­fit que j’ouvre Skype et Pa­trick est avec nous sans être à Le­val­lois-per­ret. Même une vieille bour­rique comme moi sait faire ça.

Isa­belle Bal­ka­ny et son époux sont «tou­chés» de l’ini­tia­tive des ad­mi­nis­trés.

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