«J’ai l’im­pres­sion de vivre plus fa­ci­le­ment au­jourd’hui»

La chan­teuse An­gèle sort une ré­édi­tion de son pre­mier al­bum, «Brol, la suite», ce ven­dre­di

20 Minutes (Toulouse) - - GRAND TOULOUSE - Pro­pos re­cueillis par Clio Wei­ckert

Que de che­min par­cou­ru de­puis le suc­cès de « La Loi de Mur­phy», en 2017. Dé­sor­mais, An­gèle s’est fait un nom, hors de sa Bel­gique na­tale. En 2018, son pre­mier al­bum, Brol, a été cer­ti­fié en dix mois à peine disque de dia­mant. Puis elle a mul­ti­plié les dates de concert, les cou­ver­tures de ma­ga­zine et a été ré­com­pen­sée de deux vic­toires de la mu­sique en fé­vrier. Ce ven­dre­di, elle pré­sente Brol, la suite, la ré­édi­tion de son al­bum, avec six nou­veaux titres.

Pour­quoi avoir sor­ti une ré­édi­tion de Brol plu­tôt qu’un nou­vel al­bum ?

Un al­bum, c’est une his­toire, une en­ti­té, il y a une co­hé­rence. Je ne me voyais pas chan­ger d’his­toire. Quand j’étais sur scène, ça me man­quait par­fois de ne pas avoir de nou­veaux titres. J’en ai écrit à par­tir de jan­vier, sans trop me po­ser de ques­tions. Une ré­édi­tion, c’est une ma­nière de pou­voir conti­nuer à par­ler de Brol. Je n’ai pas du tout ré­flé­chi au deuxième al­bum, ce se­ra peut-être un tout autre style. Je vais peut-être com­men­cer à faire du me­tal, je ne sais pas.

En sep­tembre, vous avez pré­sen­té le clip de « Flou », dans le­quel vous re­ve­nez sur les bou­le­ver­se­ments de votre vie. Res­sen­tiez-vous le be­soin de faire le point ?

Ce qui est mar­rant, c’est qu’il s’agit d’une chanson écrite il y a plus d’un an, à une pé­riode où je n’étais pas du tout au même stade. Mais, fi­na­le­ment, j’avais dé­jà un suc­cès anor­mal par rap­port à ma courte car­rière. Un an et de­mi plus tard, c’est tout au­tant d’ac­tua­li­té. Si j’avais ima­gi­né ce qui m’at­ten­dait! La dif­fi­cul­té quand j’ai écrit « Flou », c’était que rien n’était cer­tain, je me met­tais une grosse pres­sion parce qu’il y avait une at­tente as­sez im­por­tante. J’ai l’im­pres­sion que je le vis plus fa­ci­le­ment au­jourd’hui, parce que ce n’est plus nou­veau. Je com­mence à m’ha­bi­tuer à tout ça, et je kiffe!

Vous êtes nom­mée dans quatre ca­té­go­ries aux NRJ Mu­sic Awards (sa­me­di à Cannes). Ce se­rait un bon com­plé­ment aux vic­toires de la mu­sique ?

Je ne vois pas ça comme une col­lec­tion. C’est du bo­nus, ces ré­com­penses-là. C’est étrange de ré­com­pen­ser une per­sonne par­mi d’autres, alors que chaque per­sonne a une his­toire dif­fé­rente. Le cô­té po­si­tif, c’est que ça donne l’oc­ca­sion de re­mer­cier les gens dont on ne parle ja­mais, ou très peu.

Dans la ré­édi­tion de Brol, vous avez ré­or­ches­tré « Ta reine ». Pour­quoi ?

C’est une bal­lade, et il n’y en a pas beau­coup dans Brol. J’avais été in­vi­tée dans une émis­sion de té­lé où il fal­lait que je re­prenne une chanson en ver­sion sym­pho­nique. « Ta reine » était celle qui mar­chait le mieux, parce que, mé­lo­di­que­ment, elle avait le plus de va­riantes et de nuances. Je suis très contente du ré­sul­tat, parce que ça m’a fait du bien de re­ve­nir vers quelque chose de plus proche de mon en­fance. Quand j’étais pe­tite, j’étu­diais la mu­sique clas­sique. Ça m’a vrai­ment émue, ça m’a rap­pe­lé beau­coup de choses.

Le pre­mier titre de la ré­édi­tion que vous avez dé­voi­lé est « Per­dus », dans le­quel cer­tains ont vu un lien di­rect avec votre vie. Pour­quoi avoir choi­si ce titre pour re­ve­nir ?

Ça au­rait pu être n’im­porte le­quel. Chaque chanson de Brol est très in­time. Nous avions gar­dé con­tact avec Co­lors [une chaîne Youtube de ses­sions live] de­puis « Ta reine ». Quand ils ont su qu’on al­lait faire une ré­édi­tion, on en a dis­cu­té, et le titre qu’ils ai­maient beau­coup était « Per­dus ».

Vous pré­sen­tez un feat avec Kid­dy Smile, un ar­tiste queer très en­ga­gé. Est-ce une ma­nière de ren­con­trer un uni­vers dif­fé­rent du vôtre ?

J’avais très en­vie de le faire chan­ter sur mon al­bum, parce que j’aime beau­coup ce qu’il fait. J’ai eu l’oc­ca­sion de le ren­con­trer, et il y a eu un vrai fee­ling entre nous deux, on est de­ve­nus su­per co­pains. Je l’avais in­vi­té à mon Olym­pia et lui à sa Ci­gale. On s’est tel­le­ment amu­sés qu’on s’est dit qu’il fal­lait qu’on fasse un truc en­semble. Un soir, il m’a ra­con­té une his­toire d’amour qu’il vi­vait, et j’ai vite com­men­cé à écrire sur cette his­toire.

« Ba­lance ton quoi » a re­çu un ac­cueil in­croyable cette an­née. Com­ment avez-vous vé­cu le fait de de­ve­nir une icône ou une porteparol­e fé­mi­niste ?

Quand j’ai écrit la chanson il y a deux ans, j’étais une jeune fille de 21 ans. Je l’ai écrite de ma­nière très naïve et fi­na­le­ment as­sez lé­gère. Entre-temps, j’ai gran­di. Dans la so­cié­té, la ques­tion du har­cè­le­ment, du sexisme au tra­vail a évo­lué. Char­lotte Abra­mow [la réa­li­sa­trice du clip] me de­man­dait si je me ver­rais ré­écrire une chanson qui parle de fé­mi­nisme. Oui, mais pas au­jourd’hui. Je vois beau­coup plus loin dans le fé­mi­nisme dé­sor­mais et je pense qu’il faut que je com­prenne beau­coup mieux ce su­jet pour en re­par­ler.

«Je vais peu­têtre com­men­cer à faire du me­tal, je ne sais pas.»

«Il faut que je com­prenne mieux le fé­mi­nisme pour en re­par­ler.»

Com­ment voyez-vous l’ave­nir ?

Il y a un jour où je vais de­voir dor­mir ! Je n’ai au­cune idée de ce qui va suivre après, je ne sais même pas exac­te­ment quand fi­ni­ra la tour­née. Ce que je sais, c’est que, pe­tit à pe­tit, je vais quand même me re­ti­rer, pour moi, mais aus­si pour les gens, pour tout. Après, j’ai l’in­ten­tion de faire un deuxième al­bum, mais je ne sais ab­so­lu­ment pas quand. Là, je suis très oc­cu­pée par la re­prise de la tour­née, par la ré­édi­tion. Ça de­mande énor­mé­ment d’éner­gie.

L’ar­tiste belge de 23 ans, ici en juillet aux Fran­co­fo­lies de La Ro­chelle, est nom­mée dans quatre ca­té­go­ries aux NRJ Mu­sic Awards, sa­me­di.

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