Ecrire l’épi­logue d’une sé­rie a tout d’un art dé­li­cat

La dou­zième et der­nière sai­son de la sé­rie «The Big Bang Theo­ry» est dif­fu­sée dès ce lun­di aux Etats-Unis

20 Minutes - - GRAND PARIS - De notre cor­res­pon­dant en Ca­li­for­nie, Phi­lippe Ber­ry

Quand «The Big Bang Theo­ry» a dé­bar­qué en sep­tembre 2007, George W. Bush était en­core pré­sident, Net­flix en­voyait sur­tout des DVD par La Poste et presque per­sonne n’avait de smart­phone. Le monde a bien chan­gé, et la té­lé aus­si. La sit­com de CBS tire sa révérence avec une dou­zième et ul­time sai­son dif­fu­sée dès ce lun­di aux Etats-Unis. Elle de­vrait s’ache­ver au prin­temps après 279 épi­sodes. C’est plus que « Friends » (236), « How I Met Your Mo­ther » (208) et «Sein­feld» (180).

Les créa­teurs, Chuck Lorre et Bill Pra­dy, l’ont ré­pé­té à plu­sieurs re­prises : ils ne savent pas com­ment se ter­mi­ne­ra leur sé­rie. « On a la même ap­proche pour cette der­nière sai­son que pour les autres : on n’a ja­mais pla­ni­fié au­cun arc nar­ra­tif à l’avance, on écrit juste la pro­chaine his­toire.» Com­ment sa­tis­faire les fans qui ont in­ves­ti au­tant de temps et d’émo­tions dans une fic­tion? «Dans une sit­com, il faut rendre hom­mage aux per­son­nages et don­ner au spec­ta­teur un sen­ti­ment d’apai­se­ment », es­time John Vo­rhaus, au­teur du guide d’écri­ture The Co­mic Tool­box (en an­glais). De la joie, on passe sou­vent aux larmes, car un épi­logue re­pré­sente la fin d’une époque. Il est temps de tour­ner la page, de dire adieu à ses amis, à l’ins­tar de « Friends », ou à sa mai­son, comme Will Smith qui jette un der­nier re­gard avant d’éteindre la lu­mière dans « Le Prince de Bel-Air ».

Le trau­ma «Sein­feld»

Faire ori­gi­nal, c’est ris­qué. Le fi­nale de «How I Met Your Mo­ther», no­tam­ment, a di­vi­sé les fans. L’iden­ti­té de la mère est ré­vé­lée, mais il s’agis­sait d’une fausse piste. De nom­breux té­lé­spec­ta­teurs se sont sen­tis tra­his, mais pas au­tant que ceux de «Sein­feld». La sé­rie s’achève par le pro­cès des quatre amis, qui ter­minent en pri­son, cou­pables d’être des per­sonnes peu cha­ri­tables. Twit­ter n’exis­tait pour­tant pas en 1998, mais le clash fut mo­nu­men­tal aux Etats-Unis. Ses créa­teurs ont pas­sé des an­nées à s’ex­cu­ser. « On avait la pres­sion pour faire les choses en grand, mais la co­mé­die fonc­tionne mieux dans l’in­time», re­gret­tait Jer­ry Sein­feld en 2017. Lar­ry Da­vid, lui, a été tel­le­ment trau­ma­ti­sé qu’il a ju­ré de ne pas écrire de fin pour « Curb Your En­thu­siasm ». Quitte à lais­ser le spec­ta­teur sur sa… faim.

Neil Pa­trick Har­ris dans la der­nière sai­son de «How I Met Your Mo­ther».

Mayim Bia­lik et Jim Par­sons (au centre) dans «The Big Bang Theo­ry».

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