Le gou­ver­ne­ment livre sa re­cette

« 20 Mi­nutes » re­vient sur les grandes lignes du pro­jet de loi de fi­nances, qui doit être pré­sen­té ce lun­di

20 Minutes - - ACTUALITÉ - Ni­co­las Raf­fin

Le bud­get 2019 est pré­sen­té of­fi­ciel­le­ment ce lun­di ma­tin à Ber­cy. Y au­ra-til des sur­prises ? De­puis l’in­ter­view du Pre­mier mi­nistre Edouard Phi­lippe au JDD fin août, qui a tra­cé les grandes lignes du « pro­jet de loi de fi­nances » (PLF), les an­nonces des mi­nis­tères ont fu­sé. En dé­fi­ni­tive, quelques grandes lignes se dé­gagent de ce deuxième bud­get du quin­quen­nat Ma­cron.

Fonc­tion pu­blique. Le chef de l’Etat a pro­mis de sup­pri­mer 120 000 postes dans la fonc­tion pu­blique en cinq ans, dont 50000 dans la fonc­tion pu­blique d’Etat. Mais pour­ra-t-il te­nir cet en­ga­ge­ment ? En 2018, seule­ment 1600 sup­pres­sions de postes ont été ac­tées. Pour 2019, Edouard Phi­lippe en pré­voit 4 500, puis plus de 10 000 en 2020. Or, avant même ces grandes coupes, l’exé­cu­tif fait face à des ré­ac­tions

Vtrès vives de la part des fonc­tion­naires. L’an­nonce de la dis­pa­ri­tion de 1600 postes au mi­nis­tère des Sports (2018-2022), par exemple, a été vé­cue comme une « an­nonce bru­tale » par la mi­nistre elle-même.

Pres­ta­tions so­ciales. Cô­té pile : les re­va­lo­ri­sa­tions men­suelles de la prime d’ac­ti­vi­té (+80 € pour le Smic d’ici à 2022), du mi­ni­mum vieillesse (+35 € en jan­vier) et de l’al­lo­ca­tion adulte han­di­ca­pé (+100 € d’ici à 2022). Cô­té face : les aides per­son­na­li­sées au lo­ge­ment, les al­lo­ca­tions fa­mi­liales et les pen­sions de re­traites ne se­ront re­va­lo­ri­sées que de 0,3 % en 2019, alors que l’in­fla­tion est at­ten­due à 1,3 %. Les mé­nages concer­nés risquent donc de su­bir une perte de pou­voir d’achat. « Au lieu de nous an­non­cer (…) des éco­no­mies cou­ra­geuses sur le train de vie de l’Etat (…), c’est à nou­veau

Vdans la poche des classes moyennes que l’on va cher­cher des ef­forts », a fus­ti­gé le pa­tron LR Laurent Wau­quiez.

Fis­ca­li­té. Alors que « l’ef­fet psy­cho­lo­gique » du pré­lè­ve­ment à la source de l’im­pôt sur le re­ve­nu reste dif­fi­cile à pré­voir, plu­sieurs me­sures ont dé­jà été avan­cées pour ras­su­rer cer­taines ca­té­go­ries de contri­buables. Trois cent mille re­trai­tés se­ront ain­si exo­né­rés de la hausse de la CSG en 2019 et les an­nées sui­vantes. En sep­tembre, les sa­la­riés du pu­blic et du pri­vé n’au­ront plus de co­ti­sa­tions so­ciales à payer sur leurs heures sup­plé­men­taires. Mais elles res­te­ront im­po­sables.

VDé­fi­cit. L’exé­cu­tif vise un dé­fi­cit de 2,8% pour 2019, juste en des­sous des 3 % im­po­sés par Bruxelles. Ce qui laisse peu de marge de ma­noeuvre en cas de ra­len­tis­se­ment de la crois­sance ou d’évé­ne­ment im­pré­vu qui vien­drait creu­ser les caisses de l’Etat. Le gou­ver­ne­ment se­ra donc at­ten­tif à la crois­sance de 2018 : après avoir es­pé­ré 2 %, Ber­cy s’est ra­bat­tu sur 1,7% pour construire son PLF. Mais cer­tains or­ga­nismes tablent plu­tôt sur 1,6%. Si cette pré­vi­sion était exacte, ce­la vou­drait dire qu’il fau­drait trou­ver 2,5 mil­liards d’eu­ros de plus pour bou­cler le bud­get.

V

##JEV#90-254-https://bit.ly/2Dn7dY3##JEV# En pre­mière ligne ce lun­di, Gé­rald Dar­ma­nin et Bru­no Le Maire.

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