Le chant est libre

«20 Mi­nutes» a as­sis­té au tour­nage de «To­ge­ther, tous avec moi», le pro­chain té­lé­cro­chet de M6, ani­mé par Eric An­toine

20 Minutes - - CULTURE - Fa­bien Ran­danne

Jeu­di, 19 h 30, stu­dio 128 de La Plaine Saint-De­nis. Le tour­nage de « To­ge­ther, tous avec moi », le nou­veau concours de chant que M6 dif­fu­se­ra très pro­chai­ne­ment, bat son plein. Une jeune can­di­date ar­rive sur scène. Elle se dé­brouille bien, mais le pu­blic au­tour du pla­teau ne la re­garde pas vrai­ment : il a les yeux tour­nés vers le mur de cent ar­tistes qui lui fait face. On y re­con­naît le duo Ma­dame Mon­sieur, Bi­lal Has­sa­ni, Hel­mut Fritz ou Ysa Fer­rer. On y de­vine les so­sies d’Amy Wi­ne­house, Claude Fran­çois ou Cé­line Dion. On nous ap­prend qu’il y a des ar­tistes ly­riques ou gos­pel, des rap­peurs, un trans­for­miste, une cho­riste de John­ny… Le but du jeu : quand ces ju­rés sont convain­cus par le ta­lent d’un can­di­dat, ils se lèvent, dansent et re­prennent la chan­son en choeur. A chaque ju­ré de­bout, le can­di­dat rem­porte un point.

Vu du pla­teau, ça res­semble à un beau bor­del bon en­fant. Ga­rou, ins­tal­lé au mi­lieu du mur et chef de bande dé­si­gné, n’a pas les moyens de tem­pé­rer tout ce pe­tit monde. «Il y en a que j’ai en­vie de bras­ser un peu en di­sant : “Ar­rête de te la pé­ter. On n’est pas dans ce show pour trou­ver la star du siècle”», ex­plique-t-il, sou­rire aux lèvres, à une poi­gnée de jour­na­listes. Ce­lui qui fut coach dans «The Voice» a conscience que l’in­té­rêt du jeu ré­side dans la ma­nière dont le ju­ry ré­agit. On en voit cer­tains mi­nau­der, d’autres s’em­pê­trer dans une mau­vaise blague pour amu­ser la ga­le­rie. Il y a par­fois de l’éner­ve­ment sur­joué. « J’es­père que les quinze qui ne se sont pas le­vés se sentent mal », cherche à faire culpa­bi­li­ser le dé­fen­seur d’une can­di­date.

« Les ju­rés offrent une ma­tière pour par­tir en vrille », note Eric An­toine. Le tru­blion de « La France a un in­croyable ta­lent » tient ici le rôle d’ani­ma­teur : « Il n’y a pas de promp­teur. Le pro­duc­teur, à l’oreillette, me dit d’al­ler voir untel ou untel et, au bout du compte, je fais ce que je veux », dit-il en se mar­rant. Il mo­dère par­fois la fo­lie douce à la­quelle il a ha­bi­tué les té­lé­spec­ta­teurs. « C’est comme dans “In­croyable ta­lent”, ex­pli­quet-il : quand le ni­veau des can­di­dats est plus bas, je com­pense en ame­nant de la vanne. Dans “To­ge­ther”, quand je sens que le ju­ré n’est pas au ren­dez-vous, je com­pense, si­non, je le laisse vivre. »

Le ré­sul­tat fi­nal de­vrait être plus orien­té sur le di­ver­tis­se­ment que sur la ten­sion dra­ma­tique. « On veut prou­ver que la mu­sique est conta­gieuse. On es­père voir dé­bar­quer un gros vi­rus sur scène qui fait qu’on de­vient fou, qu’on se lève et qu’on chante », ré­sume Ga­rou en fi­lant une étrange mé­ta­phore mé­di­cale. On li­vre­ra notre diag­nos­tic plus tard. Après la pre­mière dif­fu­sion de « To­ge­ther, tous avec moi », on di­ra si l’émis­sion a de quoi nous mettre la fièvre.

«Quand le ni­veau des can­di­dats est bas, je com­pense avec des vannes. » Eric An­toine, ani­ma­teur

Cent ju­rés, me­nés par Ga­rou dans le mur, peuvent se le­ver et chan­ter.

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