« Je me vois un peu comme un hy­bride du rap fran­çais »

Le rap­peur Rim’K, qui s’est fait connaître avec le 113, sort son nou­vel al­bum « Mu­tant »

20 Minutes - - CULTURE - Pro­pos re­cueillis par Clio Wei­ckert

Le ton­ton du rap ne chôme pas. Fi­gure em­blé­ma­tique du rap fran­çais, Rim’K re­vient avec Mu­tant, un tout nou­vel al­bum. Mais ce n’est pas tout. Le 17 oc­tobre, aux cô­tés de Vald, Sa­dek et Nin­ho, le rap­peur se­ra le par­rain d’Ab­bé Road, un concert ca­ri­ta­tif de la Fon­da­tion Ab­bé-Pierre or­ga­ni­sé à La Ci­gale à Pa­ris.

Pour­quoi cet al­bum s’in­ti­tule-t-il Mu­tant ?

Je me consi­dère un peu comme un hy­bride dans le mi­lieu du rap fran­çais, parce qu’il y a très peu d’ar­tistes de ma gé­né­ra­tion [il a 40 ans] qui font en­core de la mu­sique au­jourd’hui, du moins de ma­nière aus­si in­ten­sive. Je fais un al­bum par an, des tour­nées, je suis en­core bien ac­tif. Et, concer­nant l’al­bum en lui-même, il est un peu plus mé­lo­dique dans les flows, les mu­siques sont plus or­ches­trées. Mais, sur le fond, il y a les thèmes so­ciaux que j’ai l’ha­bi­tude d’abor­der, et ma fa­çon d’écrire.

Comme dans « Bon­homme de neige », où vous abor­dez les bom­bar­de­ments en Sy­rie, le com­por­te­ment de cer­tains CRS, l’af­faire Théo…

J’ai es­sayé de mettre en lu­mière l’er­reur que font beau­coup de mé­dias, c’est-à-dire la dés­in­for­ma­tion. C’est la course aux buzz, aux clics… On veut faire peur aux gens, on fausse la vé­ri­té pour l’em­bel­lir ou la dra­ma­ti­ser. Et, face à tout ça, on se sent im­puis­sant.

Vous consi­dé­rez-vous comme un ar­tiste en­ga­gé ?

C’est ma fa­çon à moi de faire de la po­li­tique. Il y a des choses qui me tiennent à coeur. Avoir une tri­bune via mon al­bum... ce se­rait bête de ne pas s’en ser­vir pour par­ler de ce qui me dé­range. Pou­vez-vous nous en dire plus sur l’al­chi­mie qu’il y a entre AP et vous, avec qui vous avez un duo sur cet al­bum ?

La re­la­tion Rim’K-AP, elle est pour beau­coup dans la concep­tion de tous les al­bums du 113. On a tou­jours fonc­tion­né en bi­nôme. J’ai en­core be­soin de re­trou­ver mes an­ciens repères, AP en fait par­tie et il est sur tous mes al­bums. Ce titre d’ailleurs, « Hall 13 », c’est là où tout a dé­mar­ré pour le 113, c’est là où on se re­trou­vait avec AP et Mo­ko­bé. On fait un constat, quinze ans après, tout a chan­gé. Ce n’est plus le quar­tier qu’on avait et, mal­heu­reu­se­ment, c’est un bi­lan né­ga­tif.

Dé­pôt de plainte et sai­sie du CSA : les po­li­ciers étaient vent de­bout di­manche après les pro­pos de Yann Moix dans l’émis­sion « Les ter­riens du sa­me­di » sur C8. ll les a ac­cu­sés de « se vic­ti­mi­ser » et de « chier dans leur froc » face à l’in­sé­cu­ri­té. Le « pre­mier flic de France », le mi­nistre de l’In­té­rieur Gé­rard Col­lomb, a dé­non­cé des pro­pos « in­to­lé­rables » de la part de Yann Moix, le qua­li­fiant de « gros­sier sur la forme » et « in­dé­cent sur le fond ».

Le qua­dra­gé­naire re­prend les thèmes so­ciaux qui lui sont chers.

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