Phi­lippe Ma­noeuvre l’as­sure : « Le rock est en­dor­mi »

L’ex-ju­ré de la « Nou­velle Star » Phi­lippe Ma­noeuvre pu­blie une au­to­bio­gra­phie sur sa folle his­toire d’amour avec le rock’n’roll

20 Minutes - - LA UNE - Propos recueillis par An­toine Ir­rien

Il a le rock dans les veines. A 64 ans, Phi­lippe Ma­noeuvre a tout vé­cu. Dans Rock (édi­tions Har­per Col­lins), l’ex­ré­dac­teur en chef de Rock & Folk ra­conte la tra­jec­toire qu’il a choi­sie : celle du rock’n’roll. Der­rière ses RayBan, l’en­fant ter­rible du rock’n’roll se dé­voile pour 20 Mi­nutes.

Un an après votre dé­part de Rock & Folk, l’en­vie d’écrire ce livre vous est-elle ve­nue ra­pi­de­ment ?

Tout le monde me di­sait de ba­lan­cer toutes mes anec­dotes pour de bon. Ça fai­sait très long­temps que je vou­lais ra­con­ter l’his­toire de mon plus grand amour, le rock, mais du point de vue de ma propre vie. La re­traite sem­blait, pour moi, le mo­ment le plus op­por­tun pour écrire ce bou­quin. Je parle de mon enfance dans la Marne, de la dé­cou­verte du rock à l’âge de 12 ans jus­qu’à mon ar­ri­vée à Pa­ris ou en­core de ma pre­mière ren­contre avec les Stooges. En fait, je ra­conte tout dans cette au­to­bio­gra­phie ro­man­cée.

Avez-vous l’im­pres­sion d’avoir contri­bué à l’ar­ri­vée du rock en France ?

J’y suis un peu pour quelque chose oui, mais je n’étais pas tout seul. Ce dont je suis fier, c’est d’avoir réus­si à in­té­grer le rock au sein de la re­vue Mé­tal hur­lant, en 1976. Ça a été fa­cile avec cette équipe com­po­sée de Moe­bius, Jean-Pierre Dion­net, Phi­lippe Druillet et Ber­nard Far­kas, qui for­mait Les Hu­ma­noïdes as­so­ciés.

Avec Rock & Folk, on était avant tout un groupe de pas­sion­nés qui a connu l’âge d’or, vu tous les styles dé­bar­quer et in­ter­viewé les plus grands. Et on a aus­si as­sis­té à la fin de la do­mi­na­tion du rock.

Au­jourd’hui, le rock est-il mort ?

Non, aucune mu­sique ne meurt. Je di­rais que le rock s’est en­dor­mi. Au­jourd’hui, on a du mal à sa­voir si ça va re­par­tir. Les Arc­tic Mon­keys in­carnent par exemple très bien le rock de nos jours. Il y a tou­jours des groupes qui se forment mais, au­jourd’hui, les su­per­stars sont les rap­peurs, et le hip-hop do­mine les charts.

La liste de rock stars que vous avez ren­con­trées est im­pres­sion­nante. Cer­tains sont-ils de­ve­nus des amis ?

Non, car il y avait tou­jours cette dis­tance entre jour­na­liste et mu­si­cien. Quand je me suis re­trou­vé en face de Mick Jag­ger et de Lou Reed la pre­mière fois, ça m’a for­cé­ment fait quelque chose. Mais, même si le rock nous at­ti­rait, nous ne vi­vons pas dans le même monde. Un des seuls ro­ckeurs qui m’a dit que j’étais son ami, c’est Ig­gy Pop.

Pour vous, qui est la der­nière star du rock ?

C’est Mick Jag­ger. Quel style, quel cha­risme ! Il est res­té au top du top.

« Je suis un peu pour quelque chose dans l’ar­ri­vée du rock en France. »

Dans son livre, Phi­lippe Ma­noeuvre ra­conte ses plus belles ren­contres.

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