Soeurs amies

«Marche ou crève» évoque avec jus­tesse les rap­ports fu­sion­nels entre deux fran­gines, dont l’une est han­di­ca­pée men­tale

20 Minutes - - CINÉMA - Ca­ro­line Vié

Mar­gaux Bon­homme a « pui­sé dans ses sou­ve­nirs comme dans un gros gâ­teau » pour écrire et réa­li­ser Marche ou crève. Elle a confié le rôle d’Eli­sa, une jeune femme qui lui res­semble, à Diane Rouxel et ce­lui de Ma­non, sa soeur han­di­ca­pée men­tale, à Jeanne Co­hen­dy. Les rap­ports fu­sion­nels entre les deux fran­gines et leur père, joué par Cé­dric Kahn, ont bou­le­ver­sé le ju­ry du fes­ti­val de SaintJean-de-Luz, qui a ré­com­pen­sé les deux co­mé­diennes.

Quand bien des ado­les­centes en­vi­sagent de quit­ter leur fa­mille, Eli­sa doit prendre en compte les be­soins de sa soeur que leur mère né­glige. « Elle l’aime pro­fon­dé­ment, mais elle la trouve en­com­brante et en vient par­fois à la haïr », ex­plique Diane Rouxel. C’est de ce pa­ra­doxe que naît la puis­sance de ce film, à la fois très dur et ex­trê­me­ment lu­mi­neux, où cha­cune doit trou­ver sa place et pré­pa­rer l’ave­nir. Mal­gré les dif­fi­cul­tés, leur amour ré­ci­proque ir­ra­die cette belle his­toire. « J’ai pu ren­con­trer la soeur de Mar­gaux Bon­homme au mi­lieu de ses édu­ca­teurs et tra­vailler ma ges­tuelle avec une coach, car c’est ce­la que j’ai eu le plus de mal à re­pro­duire », se sou­vient Jeanne Co­hen­dy. Eli­sa doit ten­ter de com­prendre les be­soins de Ma­non en toutes cir­cons­tances et se plier à ses dé­si­rs, ce qui n’est pas tou­jours évident. «Mon per­son­nage est dans la ré­ac­tion face à ce­lui de Jeanne », pré­cise Diane Rouxel.

Une com­po­si­tion bluf­fante

La com­pli­ci­té entre les deux co­mé­diennes était la condi­tion sine qua non de la réus­site du film. «Ce­la ne de­vait pas être évident pour Diane, car je de­vais res­ter constam­ment dans ma bulle », re­con­naît Jeanne Co­hen­dy. Sa par­te­naire ne lui en tient pas ri­gueur, tant s’en faut : « La com­po­si­tion de Jeanne était si forte qu’il m’ar­ri­vait d’ou­blier qu’elle jouait un rôle, no­tam­ment quand elle pousse des cris dé­chi­rants.» Le spec­ta­teur, lui, est bluf­fé par tant de jus­tesse. Au point de res­sen­tir leur émo­tion à fleur de peau.

La com­pli­ci­té de Diane Rouxel (à g.) et Jeanne Co­hen­dy est une réus­site.

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