Les soi­gnants quittent l’hô­pi­tal pu­blic mal­gré le Sé­gur

20 Minutes - - ACTUALITÉ - Oi­ha­na Ga­briel

On sa­vait la co­lère forte et an­cienne. Chez une par­tie des soi­gnants fran­çais, elle n’est pas re­tom­bée. Alors que la France af­fronte une deuxième vague de l’épi­dé­mie de Co­vid-19, le Col­lec­tif in­ter-ur­gences (CIH) a ti­ré la son­nette d’alarme mar­di : l’hô­pi­tal pu­blic n’a plus les moyens de rem­plir sa mis­sion. No­tam­ment du fait de dé­parts mas­sifs de soi­gnants. Le CIH pré­voit par ailleurs une mo­bi­li­sa­tion le 15 oc­tobre.

« A l’AP-HP, 192 in­fir­mières ont été re­cru­tées ré­cem­ment. Mal­heu­reu­se­ment, il y a eu 192 dé­parts, té­moigne Oli­vier Mille­ron, car­dio­logue à l’hô­pi­tal Bi­chat et membre du CIH. On se re­trouve dans la même si­tua­tion : 100 in­fir­mières man­quantes. » Pour­tant, les ac­cords du Sé­gur pré­voient une re­va­lo­ri­sa­tion sa­la­riale, afin d’amé­lio­rer l’at­trac­ti­vi­té de ces car­rières. En sep­tembre, les pa­ra­mé­di­caux et les agents tech­niques des hô­pi­taux pu­blics et pri­vés ont tou­ché 90 € net par mois. A par­tir de mars, leur fiche de paie af­fi­che­ra en­core 93 € sup­plé­men­taires. Mais, pour le col­lec­tif, cette amé­lio­ra­tion n’était qu’un « rat­tra­page ».

Au mi­nis­tère de la San­té, on de­mande un peu de pa­tience. «Ce­la fait vingt ans que la si­tua­tion se dé­té­riore, re­con­naît-on. Les dé­ci­sions prises lors du Sé­gur vont dans le bon sens. Dire que le gou­ver­ne­ment ne va pas as­sez vite, c’est ne pas voir qu’on tra­vaille d’ar­rache-pied aux re­cru­te­ments, aux jeux sur les grilles de sa­laires, aux re­va­lo­ri­sa­tions des pa­ra­mé­di­caux et des mé­de­cins. »

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