20 Minutes

Biodiversi­té Avec l’écuroduc, c’est plutôt passe-noisette

Pour éviter les collisions sur les routes, l’un des principaux facteurs de mortalité de l’écureuil roux, des passerelle­s aériennes ont été installées dans le Lot

- À Toulouse, Béatrice Colin

Ils aiment déambuler d’arbre en arbre, mais sont parfois contraints de traverser les routes, ce qui peut leur être fatal. Comme pour les crapauds ou les hérissons, les écureuils ne sont pas épargnés par les collisions. Des collisions plus fréquentes aux abords des bois, où ils aiment gambader. Pour préserver ces petits rongeurs, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) du Lot, qui travaille sur la faune sauvage, a décidé d’installer sur deux routes du départemen­t des écuroducs.

À l’instar des crapauducs, qui permettent aux amphibiens de rallier via une buse leur zone de reproducti­on, des installati­ons aériennes ont vu le jour la semaine dernière sur les communes de Cajarc et Saint-Géry-Vers, à destinatio­n des écureuils roux, mais aussi de la genette, un petit mammifère au pelage tacheté et à la longue queue annelée. « Les écureuils roux ont besoin de beaucoup se déplacer, explique Stéphanie Plaga-Lemanski, chargée de ce projet pour la LPO. Lorsqu’ils grandissen­t, les petits sont expulsés du territoire par leurs parents et doivent explorer d’autres sites. Or, leur habitat est fragmenté par la présence des routes. D’où l’intérêt d’installer ces dispositif­s, une sorte de corde élastique tendue entre deux arbres qui va recréer un passage. »

Ce chemin aérien, installé à plus de 6,50 m du sol, est adapté à la circulatio­n des véhicules qui passent en dessous. Il a déjà fait ses preuves à Nancy en milieu urbain, mais aussi dans l’Hérault, où ils ont été installés par l’associatio­n Cohab il y a quelques années. C’est elle qui s’est chargée de mettre en place les écuroducs du Lot, après en avoir implanté un le 23 novembre dans l’Aude.

Équipé de mangeoires

Les fondatrice­s de Cohab ont décidé de se spécialise­r dans ce type de dispositif après avoir créé un centre de soins de la faune sauvage. «Nous nous sommes aperçues que cette problémati­que était de plus en plus récurrente, que nous empiétions de plus en plus sur le domaine sauvage des animaux », souligne l’une d’elles, Maëlle Kermabon, qui s’est formée à la grimpe d’arbres.

Les deux femmes ont développé un système de fil de 33 mm de diamètre, à l’image de ceux utilisés pour le saut à l’élastique. Ce passage est équipé de mangeoires et enduit «d’huile de noix, ce qui attire les écureuils et permet de recréer une continuité écologique », conclut Maëlle Kermabon.

 ?? ?? Est-ce bien un écuroduc que j’aperçois là-bas ?
Est-ce bien un écuroduc que j’aperçois là-bas ?
 ?? ?? Allez hop ! Je traverse, j’ai de la route à faire !
Allez hop ! Je traverse, j’ai de la route à faire !

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