20 Minutes

Un fléau qui fait couler beaucoup d’encre

Un tatouage en langue étrangère, c’est la classe, mais aussi le risque d’une mauvaise traduction. Une appli a offert à certains la possibilit­é de faire rectifier des erreurs de jeunesse

- Guillaume Novello Le prénom a été changé

Depuis une douzaine d’années, je porte un tatouage qui ne veut pas du tout dire ce que je pensais », témoigne Sylvain. De fait, ses deux idéogramme­s chinois, situés au niveau de la hanche gauche, devaient signifier « Love and Freedom » (« amour et liberté »).

Or, mi-mars, l’applicatio­n d’apprentiss­age des langues Duolingo a lancé une opération de communicat­ion sur les réseaux sociaux proposant de vérifier la traduction des tatouages. « Ma femme m’a dit : "Tu es sûr que le tatouage que tu as signifie vraiment ce que tu voulais ?" raconte Sylvain. On a alors envoyé une photo à Duolingo et, quand on a reçu la réponse, on était sur le cul. » Et pour cause, la traduction véritable est « I love Pooh », « j’aime le caca », en bon français (ou « j’aime Winnie l’ourson », mais c’est moins drôle). « J’avais 17-18 ans quand je l’ai fait, détaille Sylvain. J’avais demandé au tatoueur ces deux idéogramme­s, mais il me les a faits sans vérifier. Après, j’ai toujours eu un doute sur la traduction. »

Coup de chance pour ce trentenair­e de Pau (Pyrénées-Atlantique­s), Duolingo lui a offert la possibilit­é de corriger son tatouage erroné au salon Abraxas, à Paris (4e), où nous avons pu le rencontrer. « Ma femme ne trouvait pas mon tatouage très joli, c’est donc aussi l’occasion de le recouvrir. »

« Amour » devenu « J’aime les filles »

David*, de Salon-de-Provence, (Bouches-du-Rhône), a connu pareille mésaventur­e, mais avec une traduction moins gênante : « Quand j’étais au lycée, je me suis fait tatouer sur le poignet droit l’idéogramme chinois signifiant "Amour". Même si je l’avais choisi sur le catalogue du tatoueur, je savais que c’était un peu loupé. D’ailleurs, j’avais demandé à des personnes d’origine asiatique si c’était correct, et elles n’étaient pas très convaincue­s. » Grâce à Duolingo, il apprend que son tatouage signifie en réalité « jolie fille » ou « j’aime les filles », selon l’interpréta­tion.

Ce qui ne devrait pas poser tant de problèmes que ça, puisque ce tatouage avait été réalisé pour « impression­ner les filles », ce qui, de l’aveu du Provençal, avait plutôt bien fonctionné. Le problème, c’est que quatre ou cinq ans après, David s’est fait tatouer « haine » sur le poignet gauche, et donc le diptyque « amour/haine » est devenu un peu bancal après la traduction. Le jeune homme de 29 ans est ainsi ravi d’avoir été sélectionn­é par l’appli pour qu’un tatoueur corrige l’erreur.

Et ce tatoueur, c’est Bin, qui travaille chez Abraxas depuis plusieurs années. Et comme il est d’origine chinoise et très habile – à en juger par son compte Instagram@xiebin1985­simon –, la correction ne devrait pas connaître de ratés. *

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BETC Sur David, pour que le message tatoué sur chaque poignet soit cohérent, il a fallu tricher un peu.
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