Ren­contres im­promp­tues

Dans ce bel hô­tel par­ti­cu­lier du Ma­rais en par­tie ou­vert au pu­blic, an­ti­qui­tés pré­cieuses et pièces d’art com­posent un cadre hors du temps et en­voû­tant.

AD - - Le Sommaire - Cé­dric Saint An­dré Per­rin RÉA­LI­SA­TION ET TEXTE Paul Le­preux PHO­TOS

Dans un hô­tel par­ti­cu­lier du Ma­rais, an­ti­qui­tés et oeuvres d’art com­posent un cadre en­voû­tant.

Dans la pé­nombre rê­veuse des sa­lons d’un bel im­meuble en brique rouge à chaî­nages de pierre cal­caire si spé­ci­fique à la place des Vosges, art pri­mi­tif, toiles du xviiie siècle, mo­bi­lier Art nou­veau et de­si­gn se­ven­ties se mêlent avec faste, fougue et ir­ré­vé­rence. Chaque étage dé­ve­loppe sa propre pa­lette d’am­biance, par­fois ba­roque, tou­jours sin­gu­lière, re­flet des en­goue­ments et de l’ac­ti­vi­té des hôtes qui l’animent. L’adresse est en ef­fet le ter­rain de jeux d’un col­lec­tif d’es­thètes fé­rus d’art. Au rez-de-chaus­sée et au sous-sol, Alexan­der Keyes Rash di­rige « Le Ser­pent à Plume », un concept-store te­nant à fois du bar de nuit, de la li­brai­rie, de la bou­tique de mode mas­cu­line, du ma­ga­sin d’an­ti­qui­tés et, à l’heure du dé­jeu­ner, du res­tau­rant avec ter­rasse.

« Il y a cer­tains soirs des concerts de jazz, d’autre des sets de tech­no, ra­conte le jeune homme. L’idée c’est de mé­lan­ger des gens qui ne se ren­contrent ha­bi­tuel­le­ment pas. »

Même par­ti pris de confron­ta­tions im­promp­tues dans l’agen­ce­ment des lieux, où un ca­na­pé De Sede croise des lu­mi­naires de Jean Royère et des sta­tuaires pré­co­lom­biens. C’est à Vincent Dar­ré qu’a fait ap­pel Alexan­der Keyes Rash pour amé­na­ger l’adresse. « Il était im­por­tant que l’en­droit ait l’air d’avoir tou­jours exis­té. J’ai donc jon­glé avec les styles : un bar ar­gen­té évo­quant la Fac­to­ry de Wa­rhol, une ca­bine d’es­sayage fa­çon bi­blio­thèque et un coin co­sy avec des ban­quettes ca­pi­ton­nées qui grimpent au murs près d’un ja­cuz­zi, pour la dé­tente », avance le plus sur­réa­liste des dé­co­ra­teurs pa­ri­siens. À l’étage noble, les oeuvres de Gi­bert & George ré­pondent aux toiles de Charles Le Brun et Fran­cis Pi­ca­bia.

Au gré des pas­sions

L’ac­teur et conseiller mu­ni­ci­pal du IIIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, Be­noît So­lès, s’est lan­cé de­puis quelques an­nées dans l’évé­ne­men­tiel à tra­vers « Le 24, place des Vosges », un lieu dé­dié aux ré­cep­tions et dî­ners pri­vés or­ga­ni­sés en par­te­na­riat avec Saint Clair le Trai­teur.

« On peut ac­cueillir ici ses in­vi­tés dans le cadre d’une mai­son pri­vée ap­par­te­nant à un col­lec­tion­neur », ex­plique le co­mé­dien. Dans les étages su­pé­rieurs, fer­més au pu­blic, mo­bi­lier Art nou­veau, laques Art dé­co et pein­tures sur­réa­listes se mêlent en toute sé­ré­ni­té. « Quand on place les unes à cô­té des autres trois oeuvres va­lant plus de 100 000 eu­ros cha­cune, ça marche tou­jours ! » s’amuse le maître des lieux, ex­pert avi­sé qui pré­fère au­jourd’hui l’ombre à la lu­mière. « J’ai ache­té, au fee­ling, des ob­jets qui par leur ra­re­té et leur force au­raient leur place dans les mu­sées. » Cet es­thète vit de­puis le dé­but des an­nées 1980 dans cet in­té­rieur spec­ta­cu­laire et flam­boyant agen­cé par l’ar­chi­tecte ar­gen­tin Pa­tri­cio El­liff. Il en a ac­quis les dif­fé­rents étages au fil des ans et fait évo­luer

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