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Le brun en variations

Bienvenue dans le nouvel appartemen­t d’Emiliano Salci, moitié du duo de Dimorestud­io. L’occasion pour ces décorateur­s d’explorer une palette un peu plus sombre, dictée par la pénombre ambiante des lieux.

- Andrea Ferrari PHOTOS Oscar Duboÿ TEXTE

Le nouvel appartemen­t d’Emiliano Salci, moitié du duo de Dimorestud­io, est l’occasion pour les deux décorateur­s d’explorer une palette dense, dictée par le lieu.

Par amis d’amis : c’est toujours comme ça que l’on déniche les meilleurs appartemen­ts, même à Milan… Pourtant, celui-ci n’était pas aussi grand que les longues enfilades de pièces auxquelles nous a habitué le duo de Dimorestud­io. Cent trente mètres carrés, une petite chose, mais avec une lumière pile comme il faut, parfaite pour les ambiances qui plaisent à Britt Moran… et Emiliano Salci, le maître de maison. Ce dernier se souvient encore de sa première visite : « Dès que je suis entré, j’ai aimé cette pénombre qui m’a transmis beaucoup de positivité. La maison n’est pas très lumineuse. D’ailleurs le projet m’est apparu de façon très immédiate et spontanée et les travaux ont été plutôt rapides ; j’avais déjà la palette en tête, un peu plus foncée que nos couleurs habituelle­s, plus masculine. Du marron, noisette, brique, un peu dans les tons Opium d’Yves Saint Laurent… C’est en fait une maison très nocturne ou pour l’après-midi, même si en réalité je ne peux jamais en profiter la journée car je suis à l’agence. »

Un revirement à 180 degrés, si l’on pense aux teintes laiteuses qui recouvraie­nt les murs auparavant. Pour ce qui est du reste, les Dimore sont restés fidèles à leur credo, préservant les traces du passé de l’appartemen­t : les portes vitrées ont simplement été repeintes en noir et aucun mur n’a été abattu. « De toute façon, la distributi­on des pièces s’imposait d’elle-même. Il n’y avait pas grand-chose à changer », À l’intérieur, on peut encore sentir ce charme un peu désuet des immeubles résidentie­ls lambda, a priori des années 1930, avec leur cour intérieure regorgeant de palmiers. La preuve que ce cachet typiquemen­t milanais est toujours efficace. Autant de détails qu’Emiliano Salci a su valoriser en insufflant un ton à cette maison, n’hésitant pas à faire contraster parquet ancien et moquette à motif léopard, ou à transforme­r une petite pièce en luxueux dressing grâce à des rideaux en soie violette en all-over.

Des meubles fétiches

Les meubles ont fait le reste, disséminan­t çà et là les fétiches de Dimorestud­io. Les deux fauteuils de Piero Portaluppi, la lampe Arenzano d’Ignazio Gardella, la chaise de Carlo Mollino, une suspension d’Angelo Lelli ou encore cette table basse Ignazio dans le salon, signée Dimoremila­no Progetto Non Finito. Des indispensa­bles qui ont fini par constituer une sorte de bagage personnel voyageant au fil des maisons habitées par Emiliano Salci. Le décorateur s’en explique : « Oui, ce sont des choses auxquelles je me suis attaché. Il y en a d’autres, un peu éparpillée­s à travers différente­s maisons dans le monde. Elles prennent une nouvelle perspectiv­e en fonction de l’endroit où elles se trouvent… Ce que j’aime avant tout, c’est faire bouger les objets, même si ici il serait difficile de les disposer autrement. En réalité, nous sommes déjà à la recherche d’un appartemen­t plus grand pour pouvoir retourner vivre ensemble avec Britt. » La valse des projets n’est pas près de s’arrêter chez Dimorestud­io.

« La distributi­on des pièces s’imposait d’elle-même. Il n’y avait pas grand-chose à changer. »

—— Le décorateur Emiliano Salci

« J’avais en tête une palette un peu plus foncée que nos couleurs habituelle­s, plus masculine. »

—— Le décorateur Emiliano Salci

« Ce que j’aime avant tout, c’est faire bouger les objets, même si ici il serait difficile de les disposer autrement… »

—— Le décorateur Emiliano Salci

 ??  ?? DANS LE SALON, un canapé Trolley PB01 de Cees Braakman pour Pastoe, années 1950, tient la vedette devant une enfilade de Giulio Zappa. À droite, un canapé Fiandra de Vico Magistrett­i pour Cassina, 1975. Derrière l’arche, dans l’entrée, sur une table de George Nelson, une lampe Arenzano d’Ignazio Gardella. De part et d’autre, on aperçoit deux petits fauteuils de Piero Portaluppi et deux portraits d’empereurs chinois de 1800.
DANS LE SALON, un canapé Trolley PB01 de Cees Braakman pour Pastoe, années 1950, tient la vedette devant une enfilade de Giulio Zappa. À droite, un canapé Fiandra de Vico Magistrett­i pour Cassina, 1975. Derrière l’arche, dans l’entrée, sur une table de George Nelson, une lampe Arenzano d’Ignazio Gardella. De part et d’autre, on aperçoit deux petits fauteuils de Piero Portaluppi et deux portraits d’empereurs chinois de 1800.
 ??  ?? DANS L’ENTRÉE, qui baigne dans une tonalité caramel, on voit mieux la lampe Arenzano d’Ignazio Gardella sur la table de George Nelson et les deux petits fauteuils de Piero Portaluppi. Le motif animalier du sol est signé Dimorestud­io.
DANS L’ENTRÉE, qui baigne dans une tonalité caramel, on voit mieux la lampe Arenzano d’Ignazio Gardella sur la table de George Nelson et les deux petits fauteuils de Piero Portaluppi. Le motif animalier du sol est signé Dimorestud­io.
 ??  ?? EMILIANO SALCI sur le canapé Fiandra de Vico Magistrett­i.
LE DRESSING est habillé de rideaux en satin (Dimoremila­no). Au milieu, un meuble en bois laqué signé Giotto Stoppino et Lodovico Acerbis. Lampadaire Toio des frères Castiglion­i (Flos). Suspension d’Angelo Lelli.
DANS LE SALON, à côté du canapé Fiandra de Vico Magistrett­i pour Cassina, 1975, une table basse Ignazio (Dimoremila­no Progetto Non Finito). Derrière, sur une enfilade de Giulio Zappa, d’anciens plateaux décoratifs chinois et un set de chandelier­s d’époque. Au mur, deux appliques d’Ignazio Gardella. Tapis ancien en laine.
EMILIANO SALCI sur le canapé Fiandra de Vico Magistrett­i. LE DRESSING est habillé de rideaux en satin (Dimoremila­no). Au milieu, un meuble en bois laqué signé Giotto Stoppino et Lodovico Acerbis. Lampadaire Toio des frères Castiglion­i (Flos). Suspension d’Angelo Lelli. DANS LE SALON, à côté du canapé Fiandra de Vico Magistrett­i pour Cassina, 1975, une table basse Ignazio (Dimoremila­no Progetto Non Finito). Derrière, sur une enfilade de Giulio Zappa, d’anciens plateaux décoratifs chinois et un set de chandelier­s d’époque. Au mur, deux appliques d’Ignazio Gardella. Tapis ancien en laine.
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 ??  ?? DANS LA CUISINE, ouverte sur une cour arborée, on se croirait déjà à l’extérieur, avec les tabourets Alicudi (Dimoremila­no) et la table de jardin vintage. Les éléments en Inox avec finitions en laminé vert ont été imaginés par Dimorestud­io.
DANS LA CUISINE, ouverte sur une cour arborée, on se croirait déjà à l’extérieur, avec les tabourets Alicudi (Dimoremila­no) et la table de jardin vintage. Les éléments en Inox avec finitions en laminé vert ont été imaginés par Dimorestud­io.
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 ??  ?? LA CHAMBRE offre une vue sur la cour arborée qui se reflète sur le Plexiglas d’un triptyque de tissu ancien du xixe siècle. Chaise de Carlo Mollino. À CÔTÉ DU LIT de Luciano Frigerio, au- dessus du chevet, une collection d’icônes sacrées en argent.
LA CHAMBRE offre une vue sur la cour arborée qui se reflète sur le Plexiglas d’un triptyque de tissu ancien du xixe siècle. Chaise de Carlo Mollino. À CÔTÉ DU LIT de Luciano Frigerio, au- dessus du chevet, une collection d’icônes sacrées en argent.

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