Le casse-tête bud­gé­taire

Pour ré­duire à la fois les dé­fi­cits et le coût du tra­vail, il faut faire des coupes claires dans les dé­penses pu­bliques. Pas sûr que cette po­li­tique soit ef­fi­cace.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Somaire - GUILLAUME DU­VAL

Les dé­penses pu­bliques au ré­gime. Le bon choix ?

Fran­çois Hol­lande et son gou­ver­ne­ment se sont engagés de­puis 2012 dans deux di­rec­tions a prio­ri contra­dic­toires en ma­tière de po­li­tique bud­gé­taire : ré­duire le plus ra­pi­de­ment pos­sible les dé­fi­cits pour ren­trer dans les clous des règles eu­ro­péennes, tout en am­pu­tant les re­cettes pu­bliques de 41 mil­liards d’eu­ros par an pour al­lé­ger le coût du tra­vail. Pour réussir à conci­lier ces deux ob­jec­tifs, il leur faut or­ga­ni­ser pa­ral­lè­le­ment une forte baisse des dé­penses pu­bliques. Celles-ci doivent di­mi­nuer de 50 mil­liards d’eu­ros par an par rap­port à leur évo­lu­tion ten­dan­cielle d’ici à 2017 (2,5 points de PIB).

L’Etat cen­tral a d’ores et dé­jà été sou­mis de­puis long­temps à une forte aus­té­ri­té. A tra­vers la baisse des do­ta­tions ac­cor­dées par l’Etat aux col­lec­ti­vi­tés lo­cales, le mi­nis­tère des Fi­nances veut les obli­ger à se ser­rer à leur tour la cein­ture. L’autre gros en­jeu concerne les dé­penses de pro­tec­tion so­ciale, qui re­pré­sentent 46 % des dé­penses pu­bliques, soit qua­si­ment la moi­tié : le gou­ver­ne­ment en­tend en frei­ner for­te­ment la crois­sance, en par­ti­cu­lier celle des dé­penses d’as­su­rance ma­la­die.

De telles po­li­tiques sont tou­jours très dif­fi­ciles à me­ner, car elles sont par nature très im­po­pu­laires. Sur­tout, elles risquent de s’avé­rer in­ef­fi­caces : la forte baisse des dé­penses pu­bliques freine en ef­fet la de­mande in­té­rieure et ra­len­tit l’ac­ti­vi­té. Ce qui ré­duit les ren­trées fis­cales et donc li­mite le re­cul des dé­fi­cits et em­pêche le désen­det­te­ment pu­blic. Pa­ral­lè­le­ment, l’im­pact po­si­tif de la baisse des coûts pour les en­tre­prises est li­mi­té par les po­li­tiques si­mi­laires me­nées par nos voi­sins et par le ra­len­tis­se­ment des éco­no­mies des pays émer­gents. Ce qui fait que l’amé­lio­ra­tion des marges des en­tre­prises ne se trans­forme pas en in­ves­tis­se­ments sup­plé­men­taires sus­cep­tibles de do­per l’ac­ti­vi­té glo­bale.

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