Le choix de la so­li­da­ri­té s

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - RO­MAIN RE­NIER

La France fi­gure par­mi les pays où les dé­penses pu­bliques re­pré­sentent un pour­cen­tage le plus éle­vé du pro­duit in­té­rieur brut (PIB). Et le dé­bat en vue de l’élec­tion pré­si­den­tielle porte pour une part non né­gli­geable sur les moyens de bais­ser ces dé­penses.

La pre­mière mis­sion de la dé­pense pu­blique est d’as­su­rer la pro­duc­tion des biens pu­blics né­ces­saires au dé­ve­lop­pe­ment du pays (édu­ca­tion, sé­cu­ri­té, jus­tice, pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment…). La deuxième est de re­dis­tri­buer du re­ve­nu afin de pa­rer les risques so­ciaux (re­traites, as­su­rance ma­la­die, in­dem­ni­sa­tion du chô­mage) tout en li­mi­tant les in­éga­li­tés. C’est sur­tout sur ce deuxième vo­let que la France sort du lot. On pour­rait certes re­mettre en cause la pro­tec­tion so­ciale mais, dans les pays où les sys­tèmes so­ciaux sont moins dé­ve­lop­pés qu’en France, les dé­penses pri­vées cor­res­pon­dantes sont aus­si net­te­ment plus im­por­tantes et les in­éga­li­tés plus fortes.

Pour faire face à la crise des dettes pu­bliques, les Etats eu­ro­péens ont ce­pen­dant dé­jà dé­ci­dé de com­pri­mer leurs dé­penses de­puis 2011. Dans l’Hexa­gone, la ré­duc­tion des dé­fi­cits a été sup­por­tée qua­si ex­clu­si­ve­ment par les mé­nages avec de fortes hausses d’im­pôts, tan­dis que les en­tre­prises ont bé­né­fi­cié à l’in­verse du cré­dit d’im­pôt pour la com­pé­ti­ti­vi­té et l’em­ploi (Cice) et du pacte de res­pon­sa­bi­li­té.

A l’ap­proche de l’élec­tion pré­si­den­tielle, le gou­ver­ne­ment a ce­pen­dant re­lâ­ché un peu la bride de la ri­gueur. Dans le bud­get 2017, les dé­penses de l’Etat, les do­ta­tions aux col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales et les dé­penses de san­té aug­mentent de 7,6 mil­liards d’eu­ros. Tan­dis que les TPE-PME et les mé­nages voient leur fis­ca­li­té al­lé­gée de 1,6 mil­liard d’eu­ros. Ce­la ne de­vrait pas em­pê­cher ce­pen­dant le dé­fi­cit bud­gé­taire de re­ve­nir sous la barre des 3 % en 2017.

La France a fait le choix de mu­tua­li­ser plus mas­si­ve­ment que les autres les dé­penses de re­traites et de san­té : la pro­tec­tion so­ciale re­pré­sente la moi­tié de nos dé­penses pu­bliques. D’où éga­le­ment le taux de pré­lè­ve­ments obli­ga­toires le plus éle­vé...

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