Un monde de faible in­fla­tion

Les pé­riodes de forte in­fla­tion n’ont plus cours. Les fac­teurs in­ter­na­tio­naux et in­ternes aux éco­no­mies vont dans le sens d’une mo­dé­ra­tion des prix.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - CH­RIS­TIAN CHAVAGNEUX

Les prix ne montent plus guère. Alors que le chô­mage a di­mi­nué dans de nom­breux pays – ce qui gé­né­ra­le­ment pousse les sa­laires à la hausse – et que l’ac­ti­vi­té éco­no­mique mon­diale re­part, les taux d’in­fla­tion res­tent faibles. Pour­quoi ? Les dé­ter­mi­nants de la dy­na­mique des prix sont nom­breux. Ils se dé­com­posent en fac­teurs in­ternes et ex­ternes aux éco­no­mies. Par­mi les élé­ments in­ternes, la ca­pa­ci­té des syn­di­cats à ob­te­nir des aug­men­ta­tions de sa­laires s’est af­fai­blie au cours des der­nières dé­cen­nies. La crois­sance des gains de pro­duc­ti­vi­té, c’est-à-dire la pro­gres­sion de l’ef­fi­ca­ci­té pro­duc­tive, s’est for­te­ment ra­len­tie, ne li­bé­rant pas de marge de ma­noeuvre pour des hausses de sa­laires qui pous­se­raient les prix. Dans la zone eu­ro, la po­li­tique mo­né­taire tente bien de sou­te­nir l’ac­ti­vi­té, mais la maî­trise des dé­fi­cits pu­blics et la faible dy­na­mique de l’in­ves­tis­se­ment jouent dans l’autre sens. D’ailleurs, les an­ti­ci­pa­tions d’in­fla­tion de­meurent sous la barre des 2 %, l’ob­jec­tif que s’est fixé la Banque cen­trale eu­ro­péenne. De même, au ni­veau mon­dial, les prix du pétrole et des pro­duits ali­men­taires res­tent bas ou en pro­gres­sion in­suf­fi­sante pour nour­rir de fortes hausses des prix.

Cette évo­lu­tion va dans le sens de la thèse de la « stag­na­tion sé­cu­laire » : une dy­na­mique de pro­duc­ti­vi­té faible pour les vingt pro­chaines an­nées, en­tre­te­nant une faible crois­sance et une faible hausse des prix.

Bou­lan­ge­rie à Pa­ris. Entre 2001 et 2017, les prix ont pro­gres­sé de 1,4 %, mais ce­lui de la ba­guette de 32 %.

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