So­li­daires mal­gré tout

Même si leur por­te­feuille a fon­du de­puis la crise de 2008, les Fran­çais conti­nuent de se sou­cier du sort des plus fra­giles.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - X. M.

C ri­tique de « l’as­sis­ta­nat », re­mise en cause des droits des chô­meurs, aus­té­ri­té bud­gé­taire… La crise a mis à rude épreuve le prin­cipe de so­li­da­ri­té sur le­quel re­pose le sys­tème so­cial fran­çais. Ces of­fen­sives n’ont pour­tant trou­vé qu’un faible écho dans l’opi­nion pu­blique : les Fran­çais res­tent très lar­ge­ment at­ta­chés à ce prin­cipe de so­li­da­ri­té, même si le consen­sus est un peu moins so­lide qu’il y à dix ou quinze ans. Une part si­gni­fi­ca­tive d’entre eux sont en ef­fet convain­cus qu’on en fait trop pour les pauvres et que s’ils sont dans cette si­tua­tion, c’est qu’ils l’ont un peu cher­ché. Mais ces idées res­tent net­te­ment mi­no­ri­taires.

Les Fran­çais de­meurent éga­le­ment so­li­daires en pra­tique. Bé­né­vo­lat, sou­tien in­ter­gé­né­ra­tion­nel de la jeu­nesse et des per­sonnes fra­giles et âgées, dons : ces di­verses formes d’en­ga­ge­ment in­di­vi­duel ne montrent au­cun signe de flé­chis­se­ment. Tout au plus peut-on no­ter un cer­tain vieillis­se­ment du vi­vier as­so­cia­tif, ain­si qu’une moindre gé­né­ro­si­té des plus mo­destes en ma­tière de dons fi­nan­ciers, as­sez ai­sé­ment ex­pli­cable dans le contexte ac­tuel. Rien, en tout cas, qui ne per­met de conclure à une quel­conque las­si­tude com­pas­sion­nelle, con­trai­re­ment à ce que pour­raient faire croire cer­tains dé­bats qui viennent sa­tu­rer de fa­çon ré­cur­rente le dé­bat pu­blic.

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