Pau­vre­té : la France ne s’en sort pas si mal

Même si beau­coup reste à faire pour amé­lio­rer la si­tua­tion, le mo­dèle social fran­çais tient la route en ma­tière de lutte contre la pau­vre­té.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - LOUIS MAU­RIN

Il est mon­naie cou­rante de des­cendre en flèche le mo­dèle social fran­çais, qui se­rait « in­adap­té », « ob­so­lète » pour ré­pondre aux pro­blèmes so­ciaux nou­veaux. Dans le do­maine de la pau­vre­té par exemple, il coû­te­rait un « po­gnon de dingue » , se­lon le chef de l’Etat, et ten­drait à en­fer­mer les pauvres dans leur si­tua­tion.

Si l’on com­pare les taux de pau­vre­té et que l’on s’en tient aux pays à peu près com­pa­rables en Eu­rope, la France ar­rive en 4e po­si­tion avec 6,8 % de pauvres (seuil à 50 % du re­ve­nu mé­dian*) en 2015 [ 1]. C’est un tiers de moins que la moyenne eu­ro­péenne. Avec un taux de 4,9 %, seule la Fin­lande, qui connaît des condi­tions ( im­mi­gra­tion, pas­sé in­dus­triel no­tam­ment) plus fa­vo­rables, fait vrai­ment mieux que la France. Le Royau­meU­ni et l’Al­le­magne comptent 10 % de pauvres, l’Ita­lie 14 %, l’Es­pagne plus de 15 %.

Non seule­ment le taux de pau­vre­té est plus faible, mais en France les per­sonnes qui de­viennent pauvres le restent moins long­temps. Loin de « dé­res­pon­sa­bi­li­ser » et d’ « en­fon­cer » les pauvres dans une trappe à pau­vre­té, notre mo­dèle les aide moins mal qu’ailleurs à s’en sor­tir. La part de per­sonnes qui étaient pauvres au moins deux an­nées au cours des trois pré­cé­dant l’en­quête – ce que l’on ap­pelle la « pau­vre­té per­sis­tante » – est de 2,4 %, moi­tié moins que la moyenne eu­ro­péenne (5,7 %). Dans ce do­maine, seul le Da­ne­mark fait vrai­ment mieux avec un ex­cep­tion­nel 0,6 %.

Beau­coup reste à faire dans l’Hexa­gone pour mieux ré­pondre aux be­soins de la so­cié­té et ré­duire la pau­vre­té, mais la si­tua­tion au sein de notre pays est loin de la ca­ri­ca­ture qu’on en fait. Un in­ven­taire sé­rieux mé­rite d’être réa­li­sé avant toute ré­forme de notre sys­tème de pro­tec­tion so­ciale.

Et non 2016 comme af­fi­ché par Eu­ro­stat, car l’ins­ti­tut in­dique les an­nées de col­lecte des don­nées et non celles de per­cep­tion des re­ve­nus. On no­te­ra que pour le même seuil, il existe un écart d’un point avec les don­nées pu­bliées par la France.

Taux de pau­vre­té et taux de pau­vre­té per­sis­tante* en 2015, au seuil à 50 % du re­ve­nu mé­dian, en %

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.