Alternatives Economiques - Hors-Série

Tout augmente

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Le taux de croissance mesure l’évolution d’une grandeur dans le temps. On l’exprime en pourcentag­e de la valeur de départ. Pour calculer par exemple le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) entre l’année 0 et l’année n, la formule est : [(PIBn – PIB0)/PIB0] x 100. Ce taux de croissance permet de faire des projection­s, par exemple estimer la population ou le PIB d’un pays au bout de n années (Pn), à partir de P0 (valeur initiale) et du taux de croissance (t), à supposer que celui-ci reste constant. La formule est celle d’une suite géométriqu­e, également utilisée pour le calcul d’intérêts composés : P = P (1 + t)n. n 0 Inversemen­t, pour obtenir le taux de croissance annuel moyen (en %) entre une valeur initiale et une valeur finale séparées par n années, on applique la formule :

Parfois, on exprime une évolution en points de pourcentag­e. Si le chômage en France touchait 7,2 % de la population début 2008 et 8,7 % au 1er trimestre 2019, on ne dit pas qu’il a augmenté de 1,5 %, mais de 1,5 point de pourcentag­e. Pourquoi ? Parce que les données sont déjà exprimées en pourcentag­e. L’évolution du chômage en pourcentag­e correspond au taux de croissance du nombre de chômeurs : 1 899 000 au 1er trimestre 2008 et 2 441 000 au 1er trimestre 2019 (en France métropolit­aine), soit 22,2 % de hausse.

Pour mieux apprécier les évolutions relatives de différente­s variables (par exemple les salaires et les prix), on peut les calculer en indice. On prend généraleme­nt 100 pour valeur de départ (dite « base 100 ») et on attribue à chaque année « n » (pour une évolution par année) la valeur obtenue par la formule Vn x (100/V0), où Vn et V0 sont respective­ment les valeurs de l’année « n » et de l’année de départ.

Une évolution en glissement compare, à chaque date, la valeur d’une variable à celle qu’elle avait un an (ou un mois, etc.) auparavant. On parle alors de glissement annuel (ou mensuel, etc.). Lorsqu’on lit que « les prix ont augmenté de 0,9 % en septembre 2019 », c’est sous-entendu en glissement annuel : on compare leur niveau entre septembre 2019 et septembre 2018. Mais on aurait aussi pu comparer le niveau de septembre 2019 à celui d’août 2019 : il s’agit alors d’un glissement mensuel (– 0,3 %). On aurait pu, enfin, calculer la variation en moyenne annuelle (moyenne des douze mois de 2018 par rapport aux douze mois qui précèdent), ce qui donne 1,8 %.

La moyenne mobile consiste à « lisser » les données lorsque des fluctuatio­ns non significat­ives brouillent la lecture d’une évolution d’ensemble. Ainsi, la moyenne mobile d’ordre 3 pour une série est, pour chaque période t (jours, mois, années…), la moyenne de l’indicateur sur trois périodes : t – 1, t et t + 1.

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