Mer­cedes 380 SL, road­ster cinq étoiles

Apollo Magazine - - Sommaire - TEXTE : Da­vid Lam­bo­ley. PHO­TOS : Götz Göp­pert

Dans la li­gnée des road­sters Mer­cedes, la SL troi­sième gé­né­ra­tion fait fi­gure d’étoile mon­tante de­puis quelques an­nées, en Eu­rope et même aux États-unis. La cote de celle que l’on ap­pelle entre pas­sion­nés « R107 » ne cesse de s’en­vo­ler. Nous l’avons at­tra­pée au vol pour une courte che­vau­chée pa­ri­sienne…

Pu­re­té des lignes, ex­cel­lente qua­li­té de fa­bri­ca­tion, fia­bi­li­té et ta­rifs en­core abor­dables si l’on choi­sit la ver­sion 6 cy­lindres : la « R107 » a tout pour plaire !

au pan­théon au­to­mo­bile fi­gure en bonne place une spor­tive al­le­mande ab­so­lu­ment my­thique, la Mer­cedes 300 SL «Gull­wing» à portes pa­pillon de 1954. Trois ans plus tard, une ver­sion road­ster (dé­cou­verte) ap­pa­raît. Deux ver­sions d’une su­per­car ab­so­lue, étroi­te­ment dé­ri­vées de la SL de course, dont la des­cen­dance ne gar­de­ra rien, hor­mis le nom. Les Mer­cedes SL se suivent et ne se res­semblent pas: 190 SL en 1955, SL «Pa­gode» (en ré­fé­rence à son toit concave) en 1963, puis SL type «R107» pré­sen­tée en 1971, net­te­ment plus bour­geoise. C’est cette ver­sion qui nous in­té­resse au­jourd’hui, car elle est ex­cep­tion­nelle à plus d’un titre. Tout d’abord, il s’agit de la pre­mière SL à pro­po­ser une mo­to­ri­sa­tion V8. Elle est d’ailleurs lan­cée en ver­sion 350 SL, avec un bloc de 3,5 litres de cy­lin­drée dé­ve­lop­pant 192 che­vaux, car son mar­ché de pré­di­lec­tion c’est l’amé­rique du Nord, comme les SL pré­cé­dentes. Mieux, le construc­teur lui greffe le gros V8 4,5 litres de 221 ch que l’on re­trouve éga­le­ment sous le ca­pot de la li­mou­sine SE «W116». Du lourd! Après la crise pé­tro­lière, un six en ligne moins gour­mand en car­bu­rant est pro­po­sé sur la 280 SL en 1974. C’est le mo­dèle qui se­ra le plus dif­fu­sé en Eu­rope. Puis viennent en­suite deux V8 sur les 380 et 500 SL en 1980. À par­tir de 1985, tous les blocs sont op­ti­mi­sés. On trouve dé­sor­mais la 300 SL à six cy­lindres, puis les 420 et 500 SL pro­pul­sées par un V8. En­fin, la ra­ris­sime 560 SL et son énorme V8 de 5,5 litres de 228 ch reste un mo­dèle ex­port pour les États-unis, le Ja­pon et l’aus­tra­lie…

Su­per­la­tive

Huit mo­teurs dif­fé­rents, 237287 exem­plaires pro­duits, un re­cord de lon­gé­vi­té, de 1971 à 1989, soit dix-huit ans de pro­duc­tion… la SL «R107» cu­mule les su­per­la­tifs. Ce n’est pas la plus spor­tive, pas la plus rare ou la plus spec­ta­cu­laire des SL en termes de style, mais c’est la plus dé­si­rable

à l’heure ac­tuelle. Pour­quoi ? Parce qu’elle est abou­tie, fiable, confor­table, on trouve en­core toutes les pièces pour la res­tau­rer et son charme ty­pique des an­nées 1970-1980 n’en fait pas un en­gin trop clin­quant. C’est pour­tant une star du pe­tit écran amé­ri­cain avec gros pare-chocs US et double op­tique ronde : Dal­las (c’est le dai­ly dri­ver de Bob­by Ewing), L’amour du risque (ver­sion jaune pour Jen­ni­fer Hart), Ma­gnum, Co­lum­bo, L’homme qui va­lait trois mil­liards… Re­ve­nue sur ses terres, elle est plu­tôt du genre BCBG dis­crète. Pour le style, qua­si in­chan­gé du­rant toute sa car­rière, Mer­cedes n’a pas cher­ché d’ar­ti­fices. C’est simple, épu­ré, tout en lignes droites. Cô­té di­men­sions, elle n’a rien d’un pa­que­bot : 4,39 m de long, 1,79 m de large et seule­ment 1,30 m de hau­teur.

STYLÉE

Bref, c’est une vraie bar­quette qui semble sur­vo­ler l’as­phalte sur ses sus­pen­sions «à l’amé­ri­caine», qui pro­mettent plus de confort que de spor­ti­vi­té. La SL «R107» se conduit coude à la por­tière en fai­sant ron­ron­ner le gros V8 comme un ma­tou. La boîte au­to­ma­tique, of course, est de la par­tie et s’avère par­fai­te­ment ac­cor­dée au mo­teur. Notre mo­dèle 380 SL de 1985 dé­ve­loppe 201 che­vaux et par­court le 0 à 100 km/h en 9,8 se­condes se­lon les chiffres de l’époque, pas de quoi pa­voi­ser. Vi­tesse maxi très suf­fi­sante : 205 km/h. Un bé­mol, la « R107 » est lourde, donc gour­mande : 1 540 kg à vide, un vrai pan­zer, et au moins 14 litres de moyenne en rou­lant comme un bon père de fa­mille ! Le mot d’ordre : rou­ler co­ol et sty­lé sans se fâ­cher avec sa banque. Les ta­rifs, en­core abor­dables, amorcent une nette as­cen­sion de­puis quelques mois… De 15 000 à 20 000 eu­ros pour un mo­dèle V8 en bon état, on passe fa­ci­le­ment à 25000 voire plus pour une rare 450 SL ou 500 SL en ex­cellent état. Les ver­sions 280 do­tées du six cy­lindres en ligne res­tent les moins chères, à par­tir de 12 000 eu­ros… à l’heure ac­tuelle, mais il faut se dé­pê­cher pour dé­cro­cher cette étoile !

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