Comme lorsque j’étais en­fant, je conti­nue à vivre au jour le jour.

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ga­mins, je me suis peut-être vu pi­lote de course ou as­tro­naute à un mo­ment ou un autre, mais ce n’ont ja­mais été des dé­si­rs forts au point d’en faire un ob­jec­tif. Quels­sont­le­sac­teurs­dont­vou­sad­mi­rez­le­tra­vail?

F.C.: Je vais sans doute être très cli­ché, mais lorsque j’étais en­fant mon père m’a fait dé­cou­vrir Cha­plin qui m’a tout de suite fas­ci­né par sa ma­nière de bou­ger. Plus tard, c’est la fo­lie et la li­ber­té d’ac­teurs comme Patrick De­waere ou Gé­rard De­par­dieu qui m’ont in­té­res­sé. Mais il y a aus­si eu des gens comme Vincent Cas­sel, Ro­main Du­ris, Jean Du­jar­din, Da­niel Day Le­wis, Jim Car­rey, Phi­lipp Sey­mour Hoff­man, sans ou­blier des femmes telles que Catherine De­neuve, Isabelle Hup­pert, Me­ryl Streep... Ce sont tous des ac­teurs qui dans leurs films m’ont fait ou­blier qu’ils étaient ac­teurs. Quels­sont­les­réa­li­sa­teur­sa­vec­qui­vous­rê­ve­riez­de­tour­ner?

F.C.: J’ai ra­re­ment été di­ri­gé par des femmes et tra­vailler avec quel­qu’un comme Claire De­nis me plai­rait beau­coup. Ce­la mis à part, je suis un grand fan de James Gray et de Paul Tho­mas An­der­son. Avez­vou­sun­film­culte?

F.C.: J’en ai plu­sieurs : Le Pé­ril jeune, La Haine, Dum & Dum­ber, Hook, Au nom du père... Quel­les­sont­vo­sau­tres­pas­sions­dan­sla­vie?

F.C.: Vous sa­vez, je me de­mande sou­vent ce que je se­rais ca­pable de faire d’autre que du ci­né­ma, car se­lon moi res­ter en cercle fer­mé, quoi que l’on fasse d’ailleurs, n’est pas une bonne chose. Il faut sa­voir al­ler se nour­rir ailleurs. Donc pour ré­pondre plus pré­ci­sé­ment à votre ques­tion, je fais beau­coup de mu­sique et de la pho­to­gra­phie. Et­le­théâtre?

F.C.: J’ado­re­rais, mais ce n’est pour l’ins­tant pas en­core quelque chose que l’on m’a pro­po­sé. Mais c’est peut-être aus­si quelque chose que je pour­rais pro­vo­quer, même si au plus pro­fond de moi ce­la me ter­ro­rise. Com­ment­ce­la?

F.C. : C’est l’en­trée sur scène qui me ter­ro­rise. La boule d’an­goisse que je vais traî­ner toute la jour­née avant d’y al­ler, c’est com­pli­qué à vivre même si je sais que ce­la va dis­pa­raître dès ma pre­mière ré­plique... Je suis très tra­queur. Mais j’ado­re­rais me frot­ter à ce­la car je suis cer­tain que c’est proche de nos peurs que l’on fait les plus belles dé­cou­vertes. Que­lest­vo­tre­re­gard­sur­le­mon­ded’au­jourd’hui?

F.C.: (Rires...) Quel est le vôtre ?... C’est une vaste ques­tion... et dif­fi­cile de sur­croît. Per­son­nel­le­ment,je­suis­dansl’ex­pec­ta­tive.j’aien­vied’être­po­si­tive etop­ti­miste,mais­lors­quej’ob­ser­ve­la­fa­çon­de­fonc­tion­ner­des­gens, qui­pour­beau­coup­de­vien­nent­trè­sé­goïstes,et­que­je­vois­tou­tesces hor­reur­set­cet­te­vio­len­ce­de­par­le­monde,ce­lam’ef­fraie...

F.C.: Je par­tage avec vous cette vi­sion. Les choses sont ef­fec­ti­ve­ment en dents de scie, car cer­taines fois je vois de belles choses, des gens en­ga­gés, des bonnes dé­ci­sions, de l’es­poir, et puis à d’autres mo­ments tout s’ef­fondre. Mais je pense qu’il ne faut pas lâ­cher l’af­faire et res­ter optimiste. Qu’est-ce­que­le­suc­cè­saap­por­téà­vo­tre­vie?

F.C.: Il se­rait pré­ten­tieux de ma part de par­ler de suc­cès, je ne peux pas dire en être vic­time en tout cas. Ce que je res­sens, c’est qu’au­jourd’hui je suis au stade où l’on me fait des pro­po­si­tions di­rectes et ça, c’est un luxe et une chance in­croyable, mais ce­la dé­ve­loppe en moi une autre forme d’an­goisse car de fait la pres­sion est plus forte et on a bien plus à prou­ver en­core. Com­ment­vou­si­ma­gi­nez-vous­dans­ving­tans?

F.C.: Comme lorsque j’étais en­fant, je conti­nue à vivre au jour le jour... Carpe Diem ! En­vous­re­tour­nant­sur­vo­tre­par­cours­jus­qu’àau­jourd’hui,êtes­vous­sa­tis­fait­du­che­mi­nac­com­pli?

F.C.: Oui, je suis très heu­reux de la tour­nure qu’ont pris les choses, et plus par­ti­cu­liè­re­ment ces trois der­nières an­nées, car en fait, comme je vous l’ai dit, ce­la m’est tom­bé des­sus et je n’ai, au dé­but, ja­mais ima­gi­né que ce se­rait mon mé­tier « de quand je se­rai grand »... Mais dès lors où j’ai pris conscience que c’est là que je vou­lais être, j’ai ap­pré­hen­dé les choses dif­fé­rem­ment. Et au­jourd’hui, oui, je pense que mon par­cours est co­hé­rent. L’ima­gees­tu­ne­cho­seim­por­tan­te­dans­vo­tre­mé­tier,alorsl’image que­vous­don­ne­zet­cel­le­que­le­sau­tre­sont­de­vous,sont-el­le­sim­por­tan­tes­pour­vous?

F.C.: Oui bien en­ten­du. Ce fut d’ailleurs le cas bien avant que je sois ac­teur. Au col­lège dé­jà j’ai­mais être « loo­ké »... car au fond dans la vie tout est ques­tion de sé­duc­tion (rires).

Donc sans être co­quet, j’aime tou­jours avoir un petit style sym­pa. Ce­pen­dant, même si, en ef­fet, l’image est au centre de notre mé­tier, il faut veiller à ne pas se faire bouf­fer par ce que pensent les autres. Et­pour­fi­nir,qu’est-ce­que­pour­vous­la­beau­té? F.C.: La beau­té, c’est la sim­pli­ci­té.

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