3 ro­mans à dé­cou­vrir!

Apollo Magazine - - Va Lire Un Livre -

Yo Laur, peintre ou­bliée, fut une en­fant douée, res­tée dans l’ombre de son père. Une élève ta­len­tueuse en quête de mo­der­ni­té. De la cas­bah d’al­ger jus­qu’à Pa­ris, elle fut une fron­deuse, une aven­tu­rière, une amou­reuse. Jamais une mère… Yvonne Bon­net – de son vrai pa­tro­nyme – a tou­jours vé­cu comme elle le vou­lait. Jus­qu’à mou­rir à Ra­vens­bruck, en Al­le­magne, où elle fut dé­por­tée. L’ar­tiste était la grand-tante de la nar­ra­trice, c’est-à-dire de l’au­teure, Ma­rie Char­rel. Après avoir aper­çu, pe­tite fille, un ta­bleau re­pré­sen­tant une femme au re­gard noir, l’écri­vaine en fut long­temps trou­blée. « Dès lors, il a pos­sé­dé mon âme en dé­mon », confie-t-elle. Au point de lui consa­crer son nou­veau ro­man. Une en­quête mi­nu­tieuse sur les traces de cette fi­gure fas­ci­nante, que l’ima­gi­na­tion vient com­plé­ter quand les si­lences ou l’in­con­nu sont des pièces qui manquent au puzzle. Mais c’est aus­si des ques­tion­ne­ments sur sa propre nais­sance que l’au­teure sou­lève au tra­vers ce ce livre mi-bio mi-fic­tion. Comment in­ter­ro­ger la mé­moire ?, s’in­ter­roge-t-elle. Je suis ici pour vaincre la nuit – outre la grande beau­té de son titre – est aus­si le plus beau des ro­mans de cette au­teure de plus en plus pro­met­teuse. Au verbe qui nous en­chante et au sens du ré­cit qui em­porte et donne le fris­son.

« Je suis ici pour vaincre la nuit », de Ma­rie Char­rel, Édi­tions du Fleuve, 353 pages, 19,90 eu­ros. Plus d’in­fos sur Yo Laur : loo­king­fo­ryo­laur.com.

Et sur l’au­teure : ma­rie­char­rel.com.

À no­ter que ses deux pré­cé­dents ro­mans, « L’en­fant tom­bée des rêves » et « Les En­fants in­do­ciles » sont dis­po­nibles en poche chez Po­cket. Lors­qu’il s’agit de par­ler de psy­cha­na­lyse, le phé­no­mène du trans­fert est sou­vent évo­qué : ce­lui qui mène le/la con­sul­tant(e) à tom­ber peu à peu amou­reux de son/sa thé­ra­peute. Do­mi­nique Dyens signe ici le ro­man qui man­quait au su­jet. Ou quand, à la suite d’un choc trau­ma­tique, la nar­ra­trice en­tre­prend une psy­cha­na­lyse, ses cer­ti­tudes va­cillent. Elle n’a jamais eu d’amant, adore son ma­ri et pour­tant, cette homme face à elle, à qui elle se confie, ne lui est pas in­sen­sible, bien au contraire… La pseu­do double vie du­re­ra deux ans. Avec, au bout du che­min, la cer­ti­tude d’être al­lé pui­ser au fond de soi, tout au bord de son propre mi­roir. Et, au fi­nal, de mieux s’ai­mer soi-même. Cet autre amour est bien plus qu’un ré­cit in­time et per­son­nel. C’est un ro­man puis­sant, in­tense et uni­ver­sel.

« Cet autre amour », de Do­mi­nique Dyens, Édi­tions Ro­bert Laf­font,

240 pages, 17 eu­ros. Si le titre est ac­cro­cheur, il ne tient pas toutes ses pro­messes : ici pas de con­fi­dences sexuelles trash, mais beau­coup d’hu­mour... et de ten­dresse. Des ch­ro­niques de la vie quo­ti­dienne sur l’en­fance, l’ado­les­cence, l’ami­tié, la fa­mille, la sexua­li­té, ve­nues d’un homme qui se cherche en­core. Ha­bi­tué des co­mé­dies ro­man­tiques, Tho­mas Ra­phaël nous em­barque sans peine dans ses propres his­toires qui, sou­vent, parlent de nous ! « J’aime le sexe mais je pré­fère la piz­za », de Tho­mas Ra­phael, Édi­tions Flam­ma­rion, 261 pages, 18 eu­ros.

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