Joan As Po­lice Wo­man

Apollo Magazine - - L’ouïe Fine -

Vio­lo­niste de for­ma­tion, Joan As Po­lice Wo­man a col­la­bo­ré avec de nom­breux ar­tistes (Ru­fus Wain­wright, An­to­ny & The John­sons) avant de lan­cer en so­lo il y a douze ans dé­jà. Dans Dam­ned De­vo­tion – son cin­quième al­bum – l’ar­tiste new yor­kaise joue la carte in­ti­miste. Un opus en­re­gis­tré la nuit, chez elle, dans son loft de Brook­lyn. « Je ne peux pas faire trop de bruit à cause des voi­sins, donc j’ai en­re­gis­tré pas mal de voix très cal­me­ment, et je crois que ça s’en­tend d’une cer­taine fa­çon sur le disque », nous ra­conte-t-elle. De fait, c’est un al­bum feu­tré qu’elle nous offre ici, dans le­quel elle chante sa part de fo­lie au­tant que ses ombres, et sur­tout une mé­lan­co­lie qu’on lui connais­sait peu. Joan As Po­lice Wo­man, qui se des­ti­nait à la danse avant que des pro­blèmes de san­té ne l’en em­pêchent, a en­suite per­du son fian­cé Jeff Bu­ck­ley, plus ré­cem­ment sa mère, puis son père. La dou­leur in­com­men­su­rable, la co­lère, elle les apaisent de­puis long­temps dans la chan­son. Dam­ned De­vo­tion est un al­bum sombre. Non ce­lui de la ma­tu­ri­té, mais de « l’ac­cep­ta­tion de soi ». Pré­cieux, donc. (Pias)

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